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2018, une année record pour le bio

Amélie Dereuder |  11 Juin 2019 | 

Estimé à 9,7 milliards d'euros en 2018, le marché bio continue de se développer, tant en offre qu'en demande. Le nombre d'opérateurs explose et les consommateurs se tournent de plus en plus vers les produits certifiés AB. Crédit photo Adobe Jérôme Rommé

Loin de s’essouffler, le marché bio enregistre plus d'un milliard d'euros supplémentaires par an depuis 2015. Les derniers chiffres de l'Agence Bio montrent une hausse de 15,7 % en 2018, soit un total de 9,7 milliards d'euros, Comme l’explique Florent Guhl, son directeur: " C’est une année record, marquée par une accélération des conversions : +13 % de producteurs, ce qui ne s’était jamais vu ! Nous avons aussi recensé une hausse de 41 % du nombre de distributeurs. Le chiffre paraît spectaculaire car il regroupe 300 nouveaux magasins spécialisés et aussi des enseignes de quartier avec des points de cuissons et des jus pressés sur place bio". La transformation se porte aussi très bien, avec +12 % de nouvelles sociétés impliquées dans la filière, soit 16 651 industriels. Un chiffre qui a doublé en à peine cinq ans, montrant un vrai intérêt des entreprises alimentaires. Les embauches sont aussi à la hausse, avec +19 % d’emplois directs (19 900 salariés) chez les transformateurs et +13 % chez les distributeurs et les producteurs.

Développement des marchés céréales et porcs

Côté matières premières, bonne nouvelle, l’amont se structure pour répondre à la demande ! L’ensemble des cultures enregistre une croissance des surfaces cultivées en bio, à une allure plus rapide qu’en 2017. "Les surfaces de grandes cultures ont augmenté de 150 % et celles des légumes frais de 80 %. Ces matières premières sont en forte demande sur le marché français, en particulier les céréales et les oléo-protéagineux dont nous étions déficitaires ", précise Philippe Henry, nouveau président de l’Agence Bio. Les surfaces de fruits sont en hausse de 75 % et celles de vignes ont grimpé de 40 %. Les productions animales ont aussi suivi le mouvement : les effectifs de poules ont cru de 31,3 % (probablement suite à la grippe aviaire et ses vides sanitaires), celles de brebis de 20 % et les vaches laitières de 14 %. Quant au déficit de porc, la situation s’améliore avec un cheptel de truies en hausse de 20 %. Si la dynamique se poursuit, l’aval sera ainsi moins dépendant d’importations européennes.

Des achats qui se diversifient

Troisième producteur bio en Europe, la France occupe en revanche la seconde place du podium en termes de marché. D’ailleurs, l’écart se réduit avec l’Allemagne et la France pourrait arracher la médaille d’or dans les années à venir. En 2018, le bio a représenté 5 % des achats des Français, soit 9,139 milliards d'euros. Avec respectivement 236 millions d'euros et 319 millions d'euros en restauration commerciale et collective, le bio se démocratise aussi hors domicile.

Tous les secteurs alimentaires se développent et l’ensemble des familles de produits connaissent des croissances à deux chiffres. Les produits animaux connaissent une hausse plus marquée en 2018 que les années précédentes. C’est le cas des rayons viande (+21 %) et crémerie (+20 %), en particulier les produits laitiers. L’augmentation est également rapide dans le domaine du surgelé (+29 %) et des plats préparés (+22 %).

Les produits bio les plus achetés l’an dernier sont l’épicerie, les fruits et légumes, la crèmerie et les boissons alcoolisés. Pour le premier et le dernier, l’effet "Coupe du monde" n’y est peut-être pas pour rien ! Plus surprenant, un des gros succès de l’année 2018 est le petfood bio, parfait reflet des grandes tendances de l’alimentation humaine.