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Agroalimentaire : les lauréats 2018 des prix EY montrent l'exemple

Pierre Christen - Karine Ermenier |  29 Janvier 2018 | 

Mercredi 24 janvier, le cabinet d’audit et de conseil EY (ex-Ernst & Young) a annoncé, en partenariat avec l’Ania, le palmarès de la seconde édition des Prix de l’agroalimentaire. Le jury était composé de Jean-Philippe Girard, président de l’Ania, Yves Delaine, directeur général du groupe Avril et président de la Fédération nationale des corps gras, Catherine Petitjean, directrice générale de Mulot & Petitjean et présidente d’Alliance 7, Antoine Baule, directeur général de Lesaffre et Didier Suberbielle, p-dg de Nutrition & Santé, lauréat du grand prix 2017.

Les trois lauréats sont : La Belle-Iloise (Grand Prix 2018), Pressade (Prix de l’Avenir) et Brio’Gel (Prix de l’engagement sociétal). Le jury a fait valoir de véritables parti-pris. Explications.

Lauréat du Grand Prix 2018 : La Belle-Iloise ne banalise pas sa marque

Caroline Hilliet Le Branchu, p-dg de la conserverie La Belle Iloise, entourée de Jean-Philippe Girard, président de l'Ania et Olivier Macard, Associé EY, responsable du marché grande consommation et distribution France.

La Belle-Iloise se distingue de beaucoup d’entreprises agroalimentaires par le mode de commercialisation des quelques 2 500 tonnes de poissons transformés chaque année dans sa conserverie de Quiberon. Alors que les relations commerciales entre industriels et distributeurs sont au plus bas, la PME familiale montre qu'il existe une alternative à la grande distribution. En effet, elle commercialise ses produits quasi-exclusivement dans des magasins détenus en propre (plus de 66) ou en ligne, via un site fonctionnel depuis les années 2000. Seuls quelques distributeurs spécialisés comme La Grande Epicerie ou Lafayette Gourmet ont le privilège de vendre ses conserves (de sardines, thons et maquereaux), ses soupes, salades ou encore ses préparations pour sandwichs.

En 2016, la conserverie présidée par Caroline Hilliet Le Branchu, a même inauguré son propre restaurant : la Tablée de la Belle Iloise, situé à Nantes. « Depuis toujours, nous avons su nous transformer, réussissant à concilier audace et tradition, pour se développer », déclare-t-elle. Un mode d’expansion volontairement contrôlé. Car la stratégie consiste à ne pas rendre trop accessible la marque, pour ne surtout pas la banaliser.

Prix de l’Avenir : Pressade a pris de l'avance sur le bio

Jean-Philippe Girard, président de l'Ania, et Olivier Mercier, directeur général du groupe Britvic Teisseire.


A travers son lauréat Pressade, ce deuxième Prix de l’Avenir EY récompense cette année une tendance en plein essor, celle du bio, sur laquelle la marque de jus de fruits a su tracer son sillon avant les autres. Lancée sur ce segment dès les années 90, elle est devenue leader des boissons bio en France avec 38 % de parts de marché sur les jus bio en grande distribution. Et ses ventes progressent encore à deux chiffres chaque année. Lancée en 1983 dans l’Ouest par la société Bricfruit, Pressade est rentrée dans le giron des Vergers de Savoie (devenus Fruité Entreprise) en 2000 puis a rejoint le groupe britannique Britvic en 2010 aux côtés de la marque Teisseire. Surfant sur la vague du bio, l'acteur majeur des soft-drinks en Grande-Bretagne a encore renforcé le positionnement de Pressade sur ce segment avec le lancement de nectars et désormais même de thés glacés et de sirops bio. « Je pense que c’est cette démocratisation de l’alimentation biologique qu’a voulu célébrer ce prestigieux prix qui est un vrai honneur pour Britvic France et une récompense immense pour les équipes qui ont contribué à ce succès », a commenté Olivier Mercier, directeur général du groupe Britvic Teisseire, cinquième opérateur du secteur des boissons rafraîchissantes sans alcool dans l’Hexagone. On peut également souligner que l’avenir n’appartient pas à une jeune pousse mais à une signature de 35 ans d’âge. Peut-être fallait-il y voir un second message adressé aux industriels de l'agroalimentaire.

Prix de l’Engagement Sociétal : Brio’Gel met les moyens économiques au service du social

Jean-Philippe Girard, président de l'Ania, et Christophe Babarit, président de Brio'Gel.


C’est une surprise de retrouver la PME vendéenne Brio’Gel sous les feux de la rampe, tant son p-dg Christophe Babarit est un adepte de la discrétion. Depuis sa création en 1997, le fabricant de pains précuits et de brioches vendéennes surgelées à destination des artisans boulangers, des collectivités et des distributeurs de produits semi-confectionnés a bien grandi. Dès le départ, il avait pour projet de s’appuyer sur des moyens économiques pour mener des projets sociaux. Parmi les actions récentes illustrant cet engagement sociétal, le lancement d’une blanchisserie interne intégrant des personnes en situation de handicap. « Nous recevons le prix le 24 janvier, soit à quelques jours près un an après le lancement de cette blanchisserie. Ce n’est que du bonheur », s’est réjoui Christophe Babarit, président de Brio’Gel. Les personnes en situation de handicap représentent près de 10 % des effectifs. L'entreprise compte deux sites de production en Vendée, situés à Saint-Georges de Montaigu et à La Tardière près de La Châtaigneraie.