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Bridor en marche pour doubler son chiffre d'affaires

Karine Ermenier |  5 Décembre 2016 | 

La députée d'Ille-et-Vilaine Isabelle Le Callennec pose de façon symbolique la première pierre du chantier déjà entamé de la plateforme logistique totalement automatisée de Bridor. Elle est entourée de Louis Le Duff, président du groupe éponyme, et de Gaëtan Jégoux, directeur des opérations Bridor Industrie

Tout va à 100 à l'heure chez Le Duff. A commencer par son dirigeant Louis Le Duff qui, vendredi 2 décembre dernier, a mobilisé ses troupes, la presse et les politiques pour lancer symboliquement un des plus gros chantiers de sa filiale Bridor : la construction d'un entrepôt totalement automatisé de 34 mètres de haut et de 115 m de long sur le site historique de Bridor à Servon-sur-Vilaine (35). Le projet, confié à Ulma Handling, sera dédié à la préparation de commandes automatisées ainsi qu’au stockage temporaire de produits avant expédition. L’installation sera composée d’un magasin automatique équipé de huit transstockeurs d’une capacité de plus de 19 000 palettes, le tout à une température de -20ºC. Le bâtiment comprend également un buffer d’expédition à -20°C alimentant six quais d'expédition. Ce premier projet est prévu d'être livré au premier trimestre 2018. Un second bâtiment verra le jour d'ici 2022, pour une capacité totale de stockage de 36 000 palettes. Le site de Servon-sur-Vilaine s'étendra à terme sur 70 000 m².

Capacité de stockage multipliée par cinq

« C'est le seul entrepôt de ce type en France, indique Louis Le Duff. Car il est en atmosphère dirigée et en réduction d'oxygène. » La teneur en oxygène est en effet abaissée à 18 % pour limiter les risques de départ et de propagation de feux. Le bâtiment comprend 13 kilomètres de tube pour réchauffer le sol et éviter que la chape ne se soulève sous l'effet des températures négatives. « C'est un projet gigantesque qui va nous permettre de multiplier par cinq notre capacité de stockage et de tout regrouper sur un même site », explique Gaëtan Jégoux, directeur des opérations Bridor Industrie.

Cette construction s'inscrit dans le projet d'investissement de 400m€ d'ores et déjà annoncé cette année par Louis Le Duff. Un montant qui vise à suivre le rythme effréné de croissance de Bridor dont l'objectif est de doubler son chiffre d'affaires tous les quatre à cinq ans. Il devrait passer de 600 m€ en 2016 à plus d'un milliard d'euros en 2020, dont plus de 70 % réalisé à l'étranger, dans plus de 90 pays. Les gros développements s'opèrent par exemple actuellement en Arabie Saoudite, en Afrique du Sud, en Iran, etc. « Nous enregistrons une progression de 20 % par an, à raison de + 25-30 % en Amérique, + 45 % en Asie, se félicite Louis Le Duff. Même en France, malgré la conjoncture, nous affichons une croissance de 10 %. C'est une pépite qui construit son succès sur la qualité de ses hommes.»

+ 20 % de chiffre d'affaires par an

Et contrairement aux idées reçues, la croissance de Bridor ne dépend pas que du réseau de restaurants du groupe Le Duff, bien au contraire. « Le réseau Le Duff, à savoir Brioche Dorée, le Fournil de Pierre, Pizzeria Del Arte et autres, ne représente que 5 % du chiffre d'affaires de Bridor », confirme Philippe Morin, directeur général marketing et commercial de Bridor.

Côté production, pas question de se laisser dépasser par la cadence infernale du groupe. Deux nouvelles lignes de viennoiseries sont en cours d'installation sur le site de Louverné (53) : une sera livrée fin 2017, l'autre en avril 2018. « D'ici 2020, Louverné produira davantage que Servon-sur-Vilaine mais avec moins de lignes », indique Gaëtan Jégoux. Deux autres lignes vont voir le jour dans l'usine Bridor de Montréal au Canada. Tandis qu 'à Vineland, près de Philadelphie, Bridor double sa surface pour atteindre 50 000 m². Aucune usine n'est pour l'instant envisagée en Asie. Seuls des sites de finition pourraient y être construits. « Nous préférons construire peu d'usines mais que chacune soit très performante », précise-t-on chez Bridor. Une performance qui va passer par du pilotage intelligent du process et par le développement d'unités de production à la pointe des nouvelles technologies numériques."Le digital, le digital !",ponctue d'ailleurs sans cesse le discours de Louis Le Duff. "C'est un virage stratégique qu'il faut prendre et qui va donner à l'entreprise une toute nouvelle physionomie d'ici quatre à cinq ans." Il parle là non seulement de la production mais aussi du commerce à travers sa future place de marché digitale B2B baptisée Gourming qui mettra en relation directe des TPE et PME françaises de l’agro-alimentaire avec des clients professionnels des métiers de bouche et de la distribution à travers le monde. Lancement officiel prévu à Paris le 18 janvier 2017.

Retrouvez ici le diaporama de la cérémonie de pose de la première pierre de la plate-forme logistique Bridor de Servon-sur-Vilaine (35) : cérémonie du 2 décembre 2016 .