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CFIA : le goût de la performance

La rédaction |  5 Mars 2015 | 

Le CFIA, salon numéro un de l’agroalimentaire, ouvrira ses portes à Rennes du 10 au 12 mars.

Année après année, le CFIA (Carrefour des Fournisseurs de l’Industrie Agroalimentaire) confirme sa place d’événement numéro un pour les entreprises agroalimentaires en recherche de solutions innovantes et de réponses concrètes à leurs problématiques industrielles. Cette 19ème édition comptera 1300 exposants prêts à accueillir du mardi 10 au jeudi 12 mars au Parc Expo Rennes Aéroport plus de 16 000 visiteurs professionnels. Le salon sera organisé en trois pôles de compétence : Ingrédients et PAI, Équipements et Procédés, Emballages et Conditionnements.

La première tendance identifiable est la montée en puissance d’une automation de plus en plus adaptée à l’industrie agroalimentaire. Cela se manifeste d’ailleurs par une profusion de nouveautés dans le domaine des capteurs, des logiciels, des automatismes, dont notre numéro spécial se fait l'écho. Surtout, les nouvelles solutions sont mieux à même de remplacer des tâches complexes sur des matrices qui le sont également, car difficiles à saisir, car peu standardisées. Ce qui fait la particularité – et le charme ! – de l’alimentaire.

L’automatisation s’adapte aux spécificités agroalimentaires

C'est le cas par exemple du robot Kamido de Siléane dédié au dévracage, une étape jusqu’alors peu automatisée bien qu’omniprésente, que ce soit pour distribuer une machine ou une préparation de commandes. Cette solution flexible mise sur une technologie 3D, qui sans rien connaître à une scène lui permet de choisir le bon préhenseur, avec une cadence de 40 à 120 cpm, selon toutes les géométries.

De la machine de transformation à la plus petite pièce d'automatisme, la tendance est aussi à la compacité et à la polyvalence avec à la clé des gains de consommation, de place et de performance. Ainsi Marel France présente sa nouvelle ligne universelle de production de saucisses fraîches, qui permet de produire des saucisses en boyaux aussi bien naturel que collagénique ou végétal. Tandis que la solution Osiris de Sonimat combine la découpe ultrasons et le positionnement des tranches obtenues sur des produits défilants sur un convoyeur. Les composants ne sont pas en reste comme l'attestent les routeurs CombiVis E2/M2 de KEB, qui allient un routeur filaire ou 3G à un logiciel de supervision. Ou encore le concept d’entraînement électrique décentralisé IndraDrive Mi de Bosch Rexroth, qui réunit le moteur et le variateur dans un seul bloc et supprime les contraintes d’armoire, notamment en termes de consommation électrique

La maîtrise des consommations énergétiques

L’autre sujet clef du salon est la maîtrise des consommations énergétiques. La baisse du prix du pétrole n’est que momentanée. Dans certaines régions, il y a même des fragilités particulières, à l’instar de la faiblesse du réseau électrique breton. Une situation qui nous a incité à créer et organiser Energ’IAA, le prix de la performance énergétique en Bretagne, que nous remettrons à un industriel le mardi 10 mars lors de la soirée des Trophées de l’Innovation. Ce pris est organisé en partenariat avec le programme Enbrin d'EDF et avec le soutien de l'ABEA et de la région Bretagne.

Parmi les solutions présentées sur le salon, le générateur de coulis de glace présenté par Cofely-Axima est prometteur. Fort d’un rendement quatre fois supérieur aux autres, les atouts de ce fluide frigoporteur sont connus de longue date. Mais il manquait un générateur de puissance industrielle. Le système développé permet d’installer un ballon de stockage, ce qui ouvre la voie à un dimensionnement « économe », fonction de la consommation moyenne, en nivelant les pics de charge. Pour faire ses preuves, la solution sera installée au printemps chez Sveltic.

La société Cogebio a développé le brûleur à gazéification Gasclean qui met en œuvre de la biomasse solide et remplace, sans modification de l'installation, le brûleur à combustible fossile. Des astuces d'économie se développent à tous les niveaux des équipements. Chez Coval, la famille de pompes à vide intelligentes s’agrandit et les nouveaux modèles sont, chacun, équipés de leur propre technologie d’économie d’énergie. Avec, par exemple, un gain de 40 % pour la nouvelle pompe Lem+, qui régule la pression d’utilisation à 3,5 bar, quelle que soit la pression fournie par le réseau d’air comprimé.

Dans l’idée de se projeter et d’imaginer les solutions de demain de manière concrète, l’Usine Agroalimentaire du Futur, espace organisé par Bretagne Développement Innovation et le pôle de compétitivité Valorial a justement fait le choix de mettre à l’honneur l’efficacité énergétique et la maîtrise des consommations d’énergie. A ne pas manquer.

La sécurité des aliments

Réaffirmée dans les années 2000 avec les référentiels IFS et BRC, la recherche de contaminants et des corps étrangers reste l’une des grandes priorités avec des équipements continuellement optimisés. Les matériels d’inspection intègrent des technologies plus précises et puissantes. A l’instar de HTDS dont le scanner à rayons X Dynamite XFAN est doté d’un détecteur multi-énergie (issu de la technologie Multix), ce qui va lui permettre de distinguer les contaminants de très faible densité. De son côté, le détecteur de métaux « Profile Advantage » de Mettler Toledo améliore le contrôle des aliments salés, humides ou emballés en film aluminium en s’affranchissant de l’effet de ces produits, ce qui limite les faux rejets. D’autres systèmes tels que les tamis vibrants d’Esteve, les combinés trieuses pondérales / rayons X d’OCS Checkweighers et les aimants de Goudsmit permettent de s’adapter à différentes situations comme des cadences élevées. D’autres applications sont plus spécifiques comme l’inspection des bouteilles, réalisée par le détecteur à rayons X d’Ishida.

Le tri optique n’est pas en reste, utilisé dans le but d’éliminer la présence de contaminants à réception des matières premières. C’est le cas du Falcon de Tomra Sorting et du nouveau système de tri mobile, à placer en zone de production, développé conjointement par les sociétés Vibraconcept et Scetic.

« Plus durables et plus efficaces », c’est le slogan actuel des produits de nettoyage et de désinfection. Avec les pressions réglementaires (règlement Reach, directive Biocides en mutation, entrée en application du règlement CLP), les fabricants cherchent à optimiser les formules avec des produits efficaces, à des concentrations moins élevés pour diminuer l’utilisation des produits chimiques. A la clé, un impact environnemental réduit et des coûts moins importants pour les utilisateurs. Quaron met ainsi à l’honneur un désinfectant à la fois adapté aux surfaces et aux circuits fermés. Les Laboratoires Anios présentent de leur côté un additif tri-enzymatique économique à doser soi-même. Pour attester de l’absence de biofilms, LCB Food Safety et Realco mettent en avant leur kit de détection. De son côté, Alphatec continue de miser sur l’ozone avec une unité mobile de désinfection.

Du goût et de la naturalité

Répondre aux attentes de consommation. C’est aussi tout l’enjeu du salon, qui ne passe pas à côté de la demande de personnalisation et à la segmentation du marché. D'où le développement de séries de plus en plus nombreuses et petites. Cela se traduit, côté machines de conditionnement, par une flexibilité accrue (des formats traités et matériaux à sceller par exemple) et une facilitation des changements de formats. L'operculeuse GV4 Selvex d'Ixapack se décline ainsi en quatre tailles d'outillages et opercule des barquettes de différents matériaux. Sodima expose aussi une operculeuse Tecnovac polyvalente qui permet le conditionnement sous atmosphère modifiée de tous types de barquettes et de films. Tout comme Ulma Packaging ou Mecapack. Cette polyvalence s'exprime à toutes les étapes du conditionnement : ensachage, dosage et scellage de pots, mise en carton, etc.

Du côté des packagings, l'éco-conception, presque devenue un pré-requis, inspire encore largement les innovations. Parmi les solutions exposées figurent un très grand nombre de barquettes en carton (avec ou sans liner intérieur en plastique), en bagasse ou en plastique mono-matériaux. Ces dernières sont conçues en vue d'intégrer les nouvelles consignes de tri des plastiques qui seront opérationnelles partout en France d'ici 2022. Knauf Industries présente son mono-matériau à base de polypropylène utilisable en extrusion comme en thermoformage. Europlastiques expose une barquette injectée en mono polypropylène, alternative aux barquettes thermoformées multi-couches avec Evoh.Tandis que Silver Plastics dévoile des barquettes en mousse PET expansée qui disposent de propriétés barrière sans ajout de film intérieur. Les fabricants de films suivent aussi la tendance en proposant des solutions de scellage compatibles. Klöckner Pentaplast dispose ainsi de films scellables sur du mono APET ou du mono popypropylène. Linpac Packaging expose également un film rétractable pour l'operculage de barquettes en PP.

Le CFIA donne aussi aux responsable R&D les clefs de la décision. Du côté du pôle Ingrédients, goût, naturalité et clean label seront les moteurs des innovations présentées. Diana Food imagine un exhausteur de goût clean label et issu de végétaux, tout comme Lycored qui utilise un extrait de tomate pour donner une saveur kokumi (délicieux en japonais) aux préparations culinaires. Griffith Laboratories lance une marinade qui garde les marquants en suspension mais sans palme, ni huile hydrogénée, ni texturant, ni conservateur. De même, Jean Niel lance des bases aromatiques naturelles sans gomme arabique pour donner du trouble aux boissons. Enfin, Aromatech a pu réduire de 25% le sucre à partir d'un arôme naturel. Enfin l'exotisme reste une des grandes tendances. Solina réinvente les saveurs du Japon, Le Coq Noir mixe créole et asiatique, et Nactis fait voyager en saveurs ses biscuits avec des aromatisations sur les thèmes de la Thaïlande, des Caraïbes, de l'Italie et du Maroc. Nous avons testé un fromage frais incorporant des matières grasses laitières infusées avec des herbes aromatiques de Darégal. Le goût du basilic semble provenir d’une plante fraîchement cueillie. Preuve s’il en était que cette édition 2015 aura du goût !