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Ce qu'il faut savoir du nouveau contrat de filière agroalimentaire

Pierre Christen |  19 Novembre 2018 | 

Le nouveau contrat stratégique de la filière agroalimentaire a été paraphé à Paris le 16 novembre. Les signataires (de gauche à droite) : Dominique Chargé, président de Coop de France agroalimentaire, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Richard Girardot, président du comité stratégique et président de l’Ania

Suite à l’impulsion donnée au Conseil national de l’Industrie par le gouvernement fin 2017, et dans la lignée des Etats Généraux de l’Alimentation et des plans de filière, le nouveau contrat stratégique de la filière agroalimentaire a été paraphé à Paris le 16 novembre. Les signataires sont : Richard Girardot, président du comité stratégique et président de l’Ania, Dominique Chargé, président de Coop de France agroalimentaire, avec Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et la secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher. « L’ambition est de renforcer la capacité d’innovation des entreprises au moyen d’actions concrètes et structurantes, en cohérence avec les Etats Généraux de l’Alimentation et en lien avec les territoires. », affirme Richard Girardot.

Cette nouvelle feuille de route est resserré sur la transformation agroalimentaire, comparativement au précédent contrat signé en 2013 qui incluait les représentants du monde agricole, de l’alimentation de détail et les syndicats de salariés. Elle est concentrée sur quatre actions structurantes directement finançables et s’inscrivant déjà dans une dynamique, et trois actions complémentaires. Soit au total sept actions contre 36 dans le précédent contrat.

Les quatre actions structurantes

« La grande nouveauté est l’axe numérique pour répondre à l’attente de traçabilité des consommateurs et pour accélérer la transition digitale des entreprises du secteur, souligne Stéphane Dahmani, directeur Economie de l’Ania. La plate-forme Num-Alim, prévue pour être opérationnelle en 2020, va établir les cartes d’identité numériques des aliments et les rassembler au sein d’un catalogue numérique unique ». Ces données offriront un support utile aux chercheurs comme aux consommateurs, en réponse au développement des applications de type Yuka. Le projet est présélectionné dans le cadre de l’appel à projets du Programme d'investissements d'avenir - PIA 3 "structuration des filières" et sera financé par un fonds collectif.

Seconde grande nouveauté, l’orientation de l’axe Emploi vers des expérimentations territoriales intersectorielles. Le point de départ est une action en cours dans les Hauts de France menée par les industries alimentaires et la métallurgie. Trois autres régions ont manifesté leur intérêt : Bretagne, Grand-Est et Auvergne-Rhône-Alpes. « Il s’agit de partir du territorial pour formuler des préconisations au national et de créer un socle de compétences transférables d’un secteur à l’autre, comme de la métallurgie à l’agroalimentaire, par exemple dans les métiers de la maintenance, afin de favoriser la polyvalence », indique Stéphane Dahmani.

Les deux autres actions structurantes relèvent du champ de l’innovation alimentaire. Elles sont dans la continuité du précédent contrat de filière. « Avec les actions « protéines du futur » et « ferments », il s’agit de capitaliser sur les points forts de ces deux filières d’excellence », affirme Stéphane Dahmani. L’axe « protéines du futur » consiste à faire de la France un leader mondial des nouvelles sources protéiques. « Il s’agit de façonner l’indépendance protéique, sans opposer les sources entre elles, mais en élargissant l’offre globale via le développement et l’industrialisation des entreprises déjà investies sur le secteur. Un appel projets va être lancé en fin d’année et financé par le PIA 3.

Pour les ferments, il s’agit, là aussi, de s’appuyer sur les savoir-faire historiques, issus des filières panification, fromages , charcuteries, vins, bières,… Sur le modèle d’autres pays, comme le Danemark, les Etats-Unis et le Japon, l’enjeu est d’investir dans le domaine des micro-organismes, de la bio-production et de la fermentation via une démarche collective. « Cela demande de sortir de la logique par silos et de créer une plate-forme de recherche collaborative, qui sera le support de projets R&D partagés », précise l’économiste.

Les trois actions complémentaires

Ces quatre projets structurants ne ferment pas le diagnostic à d’autres actions pouvant devenir structurantes. C’est pourquoi trois autres actions complémentaires figurent dans le contrat :

- l’accélérateur mis en place par Bpifrance. Financé à 50 % par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, ce programme d’accompagnement personnalisé sur 24 mois vise à soutenir la transformation en ETI de PME à fort potentiel. Une promotion de trente entreprises est en cours de sélection jusqu’au 8 janvier 2019 ( pour candidater, cliquez ici ). Une seconde promotion est d’ores et déjà actée.

- l’augmentation du nombre d’entreprises inscrites sur la plate-forme d’auto-évaluation Valorise, en vue d’accélérer le déploiement de la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises). Celle-ci permet d’unifier les demandes des clients distributeurs et restaurateurs par un questionnaire unique, mais aussi de lever les freins en mettant en valeur les bonnes pratiques dans une logique d’accompagnement.

- une task-force pour aider les entreprises à s’internationaliser. Il s’agit de favoriser l’image de la France, en facilitant l’accès aux marchés : mieux s’appuyer sur les clubs d’exportateurs et renforcer et simplifier les dispositifs régionaux.