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Compétitivité des IAA : le ministre annonce ses axes de travail

Anne-Katell Mousset |  10 Juillet 2012 | 

Guillaume Garot lors de son premiers discours en tant que ministre délégué à l'agroalimentaire à Food Factory 2012, Laval. Crédits : Laval Mayenne Technopole.

Le contexte était particulier pour cette première intervention de Guillaume Garot, nouveau ministre en charge de l'agroalimentaire. Alors que les dernières propositions de reprise du groupe Doux venaient d’arriver sur le bureau de l’administrateur judiciaire, l'ancien maire de Laval, nommé au gouvernement Ayrault II le 22 juin dernier, prononçait son premier discours dans lequel il a esquissé les grandes lignes de la politique qu’il compte mener.

L’occasion de rappeler que tout ne va pas mal dans le monde agroalimentaire. Loin de là, puisque que comme l’a rappelé le ministre : « Il s’agit du premier secteur industriel de France, avec un chiffre d’affaires de 143 milliards d’euros et plus de 400 000 emplois. ». Et surtout, « plus de 8 milliards d’euros d’excédent commercial ».

Cela étant dit, pour le nouveau ministre, « il faut rester lucide et regarder les choses en face ». Il a évoqué l’émergence de nouvelles puissances à l’échelle mondiale. Face à ce constat, il appelle à la mobilisation des acteurs du secteur pour relever l’enjeu de la compétitivité « qui reste le défi central ».

Le coût du travail n’est pas décisif pour la compétitivité

Pour l’améliorer, le ministre veut mettre l’accent sur l’innovation. « Le secteur de l’industrie alimentaire s’est considérablement modernisé et technisé. Pourtant, seul 0,7% du chiffre d’affaires des industries agroalimentaires est consacré à la recherche et au développement, contre 2,3% pour l’industrie manufacturière ». Il mise sur la Banque Publique d’Investissement qui devrait être créée dans les prochains mois pour aider particulièrement les IAA « à franchir ce gap, et dépasser les 1% », annonce-t-il.

Concernant la question du coût du travail, souvent évoquée, elle n’est pas dominante pour Guillaume Garot : « Le coût du travail mérite d’être traité à sa juste place. Il représente moins de 12% du chiffre d’affaires du secteur […] l’avantage décisif ne peut donc se situer à ce niveau ».

Pour améliorer la compétitivité des IAA, le ministre préfère se pencher sur le problème de la taille des entreprises. Le paysage agroalimentaire français est en effet constitué à 97% de PME. « Pour armer les industries à l’international, il faudra faire émerger des champions et créer des collèges d’entreprises pour être forts à l’export. Nous favoriserons donc la constitution de groupes à la taille accrue et le travail collectif des entités plus petites autour de formes nouvelles à imaginer », explique-t-il.

Autre piste évoquée : les problèmes de fond liés spécifiquement aux industries agroalimentaires comme la volatilité des prix des matières premières, l’importance des coûts de l’énergie mais également les relations commerciales avec la grande distribution. Interrogé par nos soins, en marge de son discours, Guillaume Garot explique notamment que ce dernier point doit être discuté : « Il y a en effet des choses à revoir ».

Pour rappel, lors de la campagne présidentielle, François Hollande avait indiqué à l'Ania que « la loi de modernisation de l’économie a clairement pris le parti de favoriser les distributeurs au détriment des PME-PMI. Il faudra y revenir en cherchant un meilleur équilibre »

Une loi cadre sur l’alimentation en 2013

Le ministre a annoncé pour l’automne une concertation entre les différents acteurs du secteur pour rédiger une loi cadre sur l’alimentation en 2013. « La concertation de la rentrée en sera la base de développement, indique le ministre. Dans ce texte, Stéphane Le Foll (ministre de l’agriculture ndlr) et moi, nous voulons poser le cadre d’un nouveau modèle productif, respectant notamment la diversité des agricultures et donc des aliments ».