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Crise du lait : Lactalis sur la défensive

Pierre Christen |  22 Août 2016 | 

Suite à l’appel de la FNSEA et de la FNPL, sa branche laitière, plusieurs centaines d’éleveurs laitiers de l’Ouest de la France ont prévu de bloquer le siège de Lactalis à Laval à partir de ce soir. L’argument avancé : le fait que le géant mondial, numéro 1 du fromage, paye le lait 50 € les 1000 litres de moins que certains de ses principaux concurrents. La revendication : porter cette rémunération à 340 € les 1000 litres.

Pris pour cible, le groupe Lactalis a réagi en dénonçant un syndicalisme jugé « irresponsable », et en refusant d’être le bouc-émissaire d’une crise structurelle, qualifiée de mondiale et durable. Car depuis le début de l’été, nombre d’actions visent le géant laitier. Le message « Lactalis ruine les producteurs de lait » a essaimé sur des bâches plantées dans les champs, sur des autocollants apposés sur les produits en magasins et même sur une banderole tirée par un avion survolant les plages normandes.

En réponse, Lactalis rappelle que l’enveloppe financière qu’il a consacrée au soutien des producteurs depuis le quatrième trimestre 2015 atteint 75 millions d’euros. Il souligne aussi que face à la crise de surproduction, les industriels laitiers collectent depuis de nombreux mois tout le lait produit, y compris celui valorisé en-dessous du prix payé. Le géant laitier constate que, factuellement, le prix du lait en France demeure supérieur (environ 15 %) à celui des concurrents européens. « Ce dénigrement contre-productif provenant de dirigeants agricoles issus de la coopération n’est pas un hasard », pointe le groupe privé, avant de s’interroger : « Quel modèle souhaitent la FNSEA et la FNPL ? Une France laitière en dehors du marché avec une forte réduction des volumes et du nombre de producteurs ou une agriculture qui essaie de rester parmi les leaders européens ?».