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États Généraux de l’alimentation : que retenir de la journée d'ouverture ?

Amélie Dereuder |  24 Juillet 2017 | 

Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, a lancé le 20 juillet les États Généraux de l’Alimentation. La journée d’ouverture avait pour but de poser un diagnostic de toute la filière alimentaire avant la mise en place d’ateliers qui réuniront les différentes parties prenantes.

La formule du Président Macron, « Make our planet great again » doit avoir touché bon nombre de ses ministres ! La devise se prête également aux États Généraux de l’alimentation. Lors de l’ouverture à Bercy, Stéphane Travert, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, a repris l’idée en parlant de « redonner sa fierté à l’alimentation française et d’offrir la plus belle image de la ferme France ! » Objectif alléchant qui a inspiré parlementaires, associations et professionnels de la filière, venus en nombre pour l’occasion.

Les distributeurs, industriels et producteurs ont publié un document conjoint

Cette journée de lancement du 20 juillet avait pour but de poser un diagnostic avant l’organisation de 14 ateliers entre fin août et décembre 2017. Ont été présentés l’étude sur la consommation alimentaire Inca3 (toute fraîchement publiée mi juillet), la situation économique des filières, l’évolution des marges chez les différents acteurs, les résultats de la réforme LME… Pour l’occasion, distributeurs, industriels et producteurs ont publié un document conjoint sur leur situation et leur difficulté, sans chercher de coupable. Un compromis qui montre les efforts de chacun pour préparer ses États Généraux et prendre ses responsabilités. «Il y a un an, les acteurs auraient été incapables de co-signer un tel document », remarque Richard Panquiault, directeur général de l'Institut de liaison et d’études des industries de consommation.

La re-création de valeur à l’honneur

Le thème le plus récurrent de la journée était la re-création de valeur et le partage équitable de celle-ci. Parmi les grandes idées qui sont sorties des débats, on peut citer la juste rémunération des agriculteurs, l’attractivité et la compétitivité de la filière, les attentes des consommateurs, et l’accès à une meilleure alimentation dans tous les sens du terme. Ces sujets ont suscité beaucoup de réactions. Les échanges avec la salle ont été nombreux et variés, dans une ambiance d'« Assemblée Nationale », où commentaires, rires et sifflets ont émaillé la journée. Chacun a eu son mot à dire, même si cela ne correspondait pas au sujet abordé. Pour certains, c’était la seule occasion de faire entendre leur voix, étant donné que les ateliers auront un nombre de places limité. Pour ceux qui ne pourront pas y participer, une consultation publique via une plateforme numérique a aussi été lancée sur le site www.egalimentation.gouv.fr/

Trouver un compromis solide à l'issue des discussions

Stéphane Travert souhaite qu’à l’issue des discussions, « les acteurs puissent trouver un compromis solide et accepté par tous, où il n’y aura que des gagnants. » Et aux associations qui supposent une moindre implication du gouvernement car le Président de la République et deux de ses ministres n’ont finalement pas fait le déplacement, il leur répond qu’Emmanuel Macron viendra s’exprimer entre les ateliers en octobre sur le sujet. « Et en attendant, comptez sur moi pour porter cette ambition sur le haut de la pile de dossiers ! »