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Etiquetage : Jean-Philippe Girard fermement opposé aux pastilles couleur

P.C. |  26 Août 2014 | 

En cette rentrée, la détermination des promoteurs d'un étiquetage nutritionnel basé sur des codes couleurs n'a pas faibli. Des codes couleur nutritionnels défendus par le Pr Serge Hercberg, le patron du PNNS, et que la ministre de la Santé Marisol Touraine serait susceptible de reprendre à son compte dans la loi de Santé. Le magazine 60 millions de consommateurs consacre la Une de son numéro de septembre au sujet. Au menu, une enquête qui a testé ce que donnerait les codes couleurs sur une centaine de produits transformés.

Joint au téléphone avant la parution de cette enquête, Jean-Philippe Girard, président de l'Ania, nous avait confirmé sa ferme opposition au projet d'apposer sur les packagings des produits alimentaires des pastilles dont la couleur serait fonction de leur profil nutritionnel.

"Nos produits alimentaires sont le fruit d’un héritage : charcuteries, fromages, pains, bières, vins, spécialités régionales... Il ne faut pas mettre en danger des siècles de savoir-faire", affirme le président de l'Ania. "C'est une remise en cause du modèle alimentaire qui fait notre fierté. … Imaginez des touristes qui viennent visiter notre pays pour sa beauté et sa gastronomie découvrir une « pastille rouge » sur nos saucissons de montagne, nos fromages de terroirs, nos chocolats, nos miels, nos confitures et même notre baguette française. Ce serait catastrophique pour nos activités et nos exportations… Ce serait « bannir » les notions de plaisir, de savoir-faire, de partage et de convivialité du modèle qui fait pourtant notre réputation dans le monde. C’est la meilleure façon de ruiner nos espoirs à l’export".

Une opposition claire, qui n'empêche pas l'Ania de constater que l'information des consommateurs peut être améliorée et qu’une attention particulière doit être portée aux populations les plus vulnérables. "On peut encore faire des progrès en travaillant sur l’éducation alimentaire, sur des discours plus simples autour des portions et des fréquences de consommation", précise-t-il.