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Français et qualité alimentaire : les trois enseignements clefs

Pierre Christen |  21 Juin 2016 | 

L'étude réalisée par l'Obsoco, avec le soutien de l'Ania, de la FCD et d'Intermarché montre l'intensité des contraintes budgétaires ressenties, mais aussi la forte attente qualitative, qui donne des pistes pour sortir de la guerre des prix que subit le secteur agroalimentaire.

Selon les résultats de l'Observatoire du rapport des Français à la qualité dans l'alimentaire*, des opportunités sont à saisir pour répondre aux attentes des consommateurs en matière de qualité. Une conclusion émanant d'une étude menée par l'Obsoco, en partenariat avec l'Ania, la FCD et Intermarché. Une façon de sortir par le haut de la guerre des prix entre enseignes et donner du grain à moudre à la création de valeur par le haut.

1 Les effets de la crise économique

L'étude établit en premier lieu un élément de contexte fondamental : le niveau de vie est perçu à la baisse pour un Français sur deux, ceci en comparaison de la situation il y a cinq ans. Pour un petit quart d'entre eux, il s'est stabilisé et pour un peu plus d'un quart d'entre eux, il a progressé.

Ce qui génère une puissante pression sur les dépenses alimentaires. L'enquête demandait de noter de 1 à 10 le sentiment, dans le foyer, d'être contraint de se restreindre pour des raisons financières sur les dépenses alimentaires. 40% des Français ont un sentiment de restriction budgétaire fort (29 %, notes 7 et 8) ou très fort (11 %, notes 9 et 10).

2 La qualité rognée en dernière instance

En moyenne, ces restrictions se portent en priorité sur le fait d'éviter l'achat de grandes marques (à 46%). Suivent le fait de privilégier des aliments peu chers tels que le riz ou les pâtes (44%), acheter moins de produits (35%), fréquenter des magasins où les prix sont bas (32%) et apparaît seulement en dernière position le fait de rogner sur la qualité par rapport aux produits que l'on aimerait pouvoir acheter (20%).

Le fait d'éviter les grandes marques est constant quel que soit ce niveau du sentiment de restriction. En revanche, le fait de rogner sur la qualité des produits n'apparaît véritablement que chez les personnes affichant un sentiment de restriction fort (29%) ou très fort (41%). De même, privilégier la qualité quitte à payer plus cher est l'apanage des tranches de revenus les plus fortes, mais ne concerne que 37 % des Français qui gagnent moins de 1500 euros nets par mois.

3 Un niveau d'exigence accru

Plus de huit Français sur dix portent une attention croissante à la qualité des produits alimentaires qu'ils consomment. Par rapport à il y a cinq ans, 82 % des Français répondent avoir accru leur attention à la qualité des aliments qu'ils consomment, y compris dans les tranches de revenus les plus faibles (75%). Une attention accrue, qui va de pair avec une qualité générale des produits alimentaires perçue comme légèrement meilleure qu'il y a cinq ans. En revanche, seulement 51 % déclarent faire confiance aux grandes marques alimentaires, 54 % aux marques des grandes enseignes de la grande distribution. L'étude montre la faible image qualitative que renvoie la grande distribution. Sur une échelle de -5 à +5, les supermarchés sont notés 1,7, les hypermarchés 1,6 et le hard-discount 0,7. Quand les petits producteurs remportent la palme de la confiance envers la qualité de leurs produits avec une note de 3,4, de même que les artisans (3,3), suivis des marchés (3,1).

L'étude permet de mettre en évidence des voies de progrès. « Si la demande de qualité ne se traduit pas toujours dans les actes d'achat, c'est souvent par défaut d'information sur la qualité des produits et par l'absence d'assurance qu'en payant plus cher on accède à coup sûr à de meilleurs produits », analyse Cécile Rauzy, directrice Alimentation Santé à l'Ania. Ce qui souligne la nécessité de travailler la qualité des produits dans toutes leurs dimensions et de la signaler de manière crédible aux consommateurs.

*Les données sont issues d'une enquête menée par l'Obsoco (L'Observatoire Société et Consommation, créé par Nathalie Damery, Philippe Moati et Robert Rochefort) et réalisée sur la base d'un échantillon de 3500 personnes représentatif des responsables des achats alimentaires âgés de 18 à 70 ans (méthode des quotas).