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L’Anses attaque les boissons énergisantes

Marjolaine Cérou |  1 Octobre 2013 | 

D’après l’Anses, consommées avec de l’alcool, les boissons énergisantes sont susceptibles d’entraîner des troubles du rythme cardiaque qui sont induits par la caféine. © Scanrail - Fotolia.com

Les boissons dites énergisantes à base de caféine, type Red Bull ou encore Monster, sont arrivées sur le marché français en 2008. Majoritairement composées de caféine, mais aussi de ginseng, de taurine ou de vitamines, ces boissons sont depuis longtemps dans le viseur des autorités de santé publique, elles sont en effet suspectées de produire des effets indésirables, notamment cardiaques, sur l’organisme. L’Anses (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) a publié ce mardi 1er octobre son avis sur les risques de consommation de ces boissons dites énergisantes. Elle recommande ainsi d’éviter de consommer ces boissons caféinées avec de l’alcool ou lors d’un exercice physique. D’une façon générale, elle incite la population à modérer sa consommation de boissons caféinées.

Depuis 2012, l’Anses a passé au crible plus de 200 cas d’effets indésirables. Au total, 257 cas ont été reportés, dont 212 réellement analysables pour une évaluation du risque.

D’après cette étude, 30% des adultes français consomment ce type de boissons au moins une fois par semaine. Ce qui inquiète l’Anses, c’est la façon de consommer ces boissons caféinées. En effet, 16% des consommateurs français prennent en même temps de l'alcool, notamment au cours de soirées.

Seulement, d’après l’étude, consommées avec de l’alcool, ces boissons énergisantes sont susceptibles d’entraîner des troubles du rythme cardiaque qui sont induits par la caféine chez les personnes prédisposées. De plus, cette même caféine a la capacité de réduire la perception de l’intoxication alcoolique favorisant ainsi des situations à risque (surestimation par la personne de ses aptitudes, poursuite de la consommation d’alcool, augmentation des prises de risques).

Autre chiffre, 41% des consommateurs prennent ces boissons énergisantes en lien avec une activité sportive. L’Anses indique dans son avis qu’il est préférable d’éviter ces boissons énergisantes lors de tout exercice physique car elle constitue un facteur de risque cardiaque chez les personnes prédisposées. De plus, l’Agence ajoute que l’équilibre hydroélectrolytique de l’organisme sera perturbé par les effets diurétiques de ces boissons énergisantes. Par ailleurs, la caféine risque d’entraîner une augmentation de la température corporelle, et par conséquent un risque accru d’accident à la chaleur.

Du côté des populations à risque, l’Anses recommande également de rester vigilants vis-à-vis des apports en caféine, pour certains consommateurs, en particulier pour les femmes enceintes et allaitantes, la caféine ayant un impact le risque de retard de croissance du foetus et pouvant passer dans le lait maternel. Autre population ciblée, les enfants et adolescents, réputés pour être particulièrement sensibles à la caféine. Perturbations du sommeil et des somnolences au cours de la journée peuvent survenir, ainsi qu’une accoutumance à la molécule de caféine.

L’Anses estime qu’aujourd’hui 30 % de la population adulte dépasse le seuil de caféine retenu comme générateur d'anxiété, qui correspond à un apport quotidien en caféine d’environ 6 expressos pour un adulte. Autres chiffres inquiétants chez les plus jeunes cette fois-ci, 11 % des 3 à 10 ans et 7 % des 11 à 14 ans dépassent le seuil de développement d’une tolérance à la caféine, et en cas d’arrêt, présenteraient des symptômes de sevrage.

Des conclusions "inquiétantes" qui pourraient conforter le gestionnaire du risque dans son projet de taxer les boissons énergisantes. C'est en tout cas ce qu'a annoncé le rapporteur socialiste du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée, Gérard Bapt, suite à cet avis.