Process Alimentaire / À la une / L'agroalimentaire installe son comité statégique

L'agroalimentaire installe son comité statégique

Josselin Moreau |  30 Novembre 2010 | 

Eric Besson et Bruno Le Maire, présidents du comité stratégique agroalimentaire, et Jean-René Buisson, vice-président, le 23 novembre 2010 à Paris. Crédit : Cheick Saidou/Min.Agri.Fr.

« On ne retrouvera la première place que si l’on travaille tous ensemble », a rappelé Bruno Le Maire, Ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire, le 23 novembre dernier lors de l’installation du comité stratégique consacré aux industries agroalimentaires, avec Eric Besson, Ministre chargé de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique.

Huitième comité stratégique de filière mis en place depuis les états généraux de l'industrie le 4 mars 2010, il se compose de 40 membres représentatifs de l’ensemble des acteurs du secteur. Jean-René Buisson, président de l’Ania, en assure la vice-présidence. 15 industriels y siègent dont Jean-Philippe Paré, président de Kraft Foods France, Christophe Bonduelle, pd-g de Bonduelle, Ginette Hénaff, directrice export d’Hénaff, Hubert Garaud, président de Terrena, André Barreteau, pd-g de la Mie Câline et Philippe Mangin, président de Coop de France.

Jouer l'unité

Ce comité part d’un constat peu agréable : « La France perd des parts de marché, année après année, en matière d’industries alimentaires. Nous étions les premiers, nous sommes désormais les quatrièmes », explique Bruno Le Maire. Sur 10 000 entreprises en France, 97% sont des PME, et seulement 5 sont parmi les 30 premiers industriels mondiaux. Pour regagner cette première place, le comité stratégique travaillera selon quatre axes de réflexion.

Quatre axes de travail

Parmi les 40 membres, 15 représentants d'industriels siègent au comité stratégique. Cheick Saidou/Min.Agri.Fr.

La première orientation consiste à augmenter la dimension des entreprises agroalimentaires, comme le préconise le rapport Rouault, « jusqu’à obtenir des tailles critiques suffisantes pour exporter dans de bonnes conditions sur les marchés internationaux les plus dynamiques, en particulier en Asie », a souligné Bruno Le Maire.

Deuxième axe de travail, l’innovation passe notamment par les pôles de compétitivité et la mise en place d’un programme d’accompagnement des industries agroalimentaires dans plusieurs régions pilotes. Oseo et l’Ania ont par ailleurs signé un protocole d’accord de trois ans pour renforcer les solutions de financement et d’accompagnement à l’innovation, via par exemple l’appel à projets Filières industrielles lancé le 27 septembre 2010 (300 M€ de co-investissement dont 69 M€ de budget d’Etat).

Troisième axe de réflexion, Bruno Le Maire a rappelé les travaux engagés en matière de valorisation des produits agroalimentaires français. Parmi eux, la création d’une marque « Fabriqué en France » qui, aux côtés des autres signes de qualité officiels, devra permettre aux produits hexagonaux de mieux défendre leur spécificité à l’étranger.

La dernière orientation du comité concerne la compétitivité industrielle. « Nous avons un grand concurrent en Europe, c’est l'Allemagne. C’était un concurrent sur tous les secteurs à l’exception de l’agriculture, c’est désormais un concurrent aussi en matière agricole. »

De son côté, Jean-René Buisson a rappelé l’importance de travailler concrètement sur l’image du secteur et l’attractivité des métiers, les relations au sein de la filière dans un contexte de volatilité des matières premières, le soutien à l'exportation et les enjeux environnementaux. L’Ania a proposé de transmettre prochainement au comité les résultats d’un baromètre d’image réalisé auprès des consommateurs français, afin de mieux comprendre le déficit d’image que connaît l’industrie agroalimentaire.