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La charte de coopération agroalimentaire plébiscitée

Fanny Rousselin-Rousvoal |  17 Mai 2011 | 

Lors de la matinée-bilan du 10 mai, des tables-rondes ont permis aux industriels de partager leurs expériences et d’expliquer ce que la charte leur a apporté.

Mise en place en 2009 pour une durée de trois ans, la charte de coopération du secteur agroalimentaire a semble-t-il conquis. Le 10 mai 2011, c’est devant un parterre de 270 personnes et dans le grand auditorium de la Bibliothèque Nationale de France qu’industriels, représentants syndicaux, organismes de formation et représentants des Pouvoirs Publics se sont relayés pour dresser un bilan élogieux de cette charte. Objectif non dissimulé : faire pression auprès des Ministères de l’Agriculture et de l’Emploi pour que le dispositif soit reconduit pour trois nouvelles années. « Cette charte est un pas important sur la construction sociale de notre secteur dans un contexte de plus en plus concurrentiel », a déclaré Jean-René Buisson, président de l’ANIA, en ouverture de cette matinée-bilan. Et de rappeler que l’agroalimentaire, première industrie du pays, est rarement reconnue à sa juste valeur et fait l’objet d’« attaques médiatiques dures et généralisées, uniques au monde ».

Tous les secteurs impliqués

À ce jour, 500 entreprises et 5 200 salariés ont bénéficié de la charte. « 15 000 personnes doivent être concernées à terme, dont 3 000 accèderont à un certificat de qualification », souligne Éric Giry, chef de service à la direction générale des politiques agricoles, agroalimentaires et des territoires. « Tous les secteurs ont été impliqués, s’est de son côté félicité Jean-Marie Marx, directeur général de l’Agefaforia et membre de la cellule de coordination des OPCA. À 86 %, les entreprises concernées sont des PME et TPE et à 55 %, il s’agit de salariés pas ou peu qualifiés ».
Les actions menées depuis deux ans et demi s’inscrivent autour de deux axes principaux : le développement des compétences, de la qualification et de l’emploi d’une part et l’amélioration des conditions de travail d’autre part. La Fromageries des Chaumes, Louis Gad, Jacquet Panification ou encore Bigard sont venus témoigner des initiatives mises en œuvre dans ce cadre. Selon les cas, il s’est agi de renforcer les savoirs fondamentaux des ouvriers les moins qualifiés, de limiter les TMS par une prise en compte globale des conditions de travail, de mettre en place des équipes autonomes ou encore de développer la formation en alternance.

41 M€ sur trois ans

« Cette charte fait partie des accords qui nous frappent par leur réussite et leur excellent ciblage, a déclaré Isabelle Eynaud-Chevalier, qui représentait le Ministre du travail, de l’emploi et de la santé Xavier Bertrand. Une évaluation est en cours, dont les résultats sont attendus pour fin octobre. J’ai entendu le vibrant plaidoyer des intervenants mais il faudra aussi tenir compte des contraintes budgétaires ». Car la charte a un coût. L’enveloppe budgétaire sur trois ans (2009-2011) est de 41 millions d’euros, en co-financement tripartite : État (15 m€), OPCA (15 M€) et entreprises (11 M€). Pour maintenir le dispositif, tout le monde devra remettre la main au portefeuille.