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La filière piscicole et la distribution signent un cahier des charges unique

Fanny Rousselin-Rousvoal |  3 Avril 2012 | 

Le cahier des charges unique de production aquacole a été présenté le 28 février dernier au salon de l’agriculture.

Le Comité Interprofessionnel des Produits de l’Aquaculture (CIPA) a adopté le 26 janvier dernier un cahier des charges unique de production piscicole. Cette démarche originale fédère plusieurs partenaires : les enseignes de la grande distribution volontaires (Auchan, Casino, Cora, Intermarché, Métro et Système U), le WWF, le ministère de la pêche et de l’aquaculture, FranceAgriMer ou encore des associations de consommateurs (CLCV, UNAF). A la base, un constat : « Le travail sur le cahier des charges de la charte de qualité Aquaculture de nos Régions s’avérait insuffisant pour rassurer le consommateur. En parallèle, la grande distribution a construit ses propres cahiers des charges. Au final, nous n’arrivions pas à fédérer l’ensemble des professionnels », explique Pascal Le Gal, président du CIPA. Mis en avant lors du dernier salon de l’Agriculture, le nouveau cahier des charges unique correspond à une synthèse de tous les cahiers des charges existants, réalisée par un organisme neutre : Bureau Veritas. « Il constitue une base commune, et traduit une volonté de transparence et d’engagement de la part de la filière, poursuit le président. Il était ridicule d’élever dans deux bassins différents des poissons destinés à deux enseignes différentes, en raison de différences minimes entre les cahiers des charges ». Le nouveau cahier des charges uniques est ainsi amené à se substituer au volet production du cahier des charges « charte de qualité – aquaculture de nos régions », ainsi qu’aux cahiers des charges des distributeurs partenaires de la démarche. Certains flous demeurent néanmoins, comme la présence de farines d’origine terrestre dans l’alimentation des poissons. Un sujet hautement polémique « qui sera abordé ultérieurement ».

Dans un premier temps, seule la truite sera concernée par ce cahier des charges unique, qui sera ensuite étendu à l’ensemble de la filière piscicole. Autre progrès attendu : s’attacher aussi à la transformation. « Pour le moment, la démarche s’arrête à l’entrée de l’atelier », concède Pascal Le Gal. Le WWF, pour sa part, se félicite de pouvoir travailler avec une filière plutôt qu’avec quelques gros interlocuteurs. « Cette démarche pionnière est très innovante et ouvre des perspectives pour d’autres filières », souligne Cyrille Deshayes, en charge des programmes eau douce et agriculture au WWF. Ce dernier considère que le cahier des charges unique devrait permettre de rapprocher géographiquement la production de la distribution.

La filière aquacole française représente 500 producteurs et 40 000 tonnes.