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Le besoin de réinventer le snacking

Amélie Dereuder |  27 Avril 2015 | 

Selon Ipsos pour Vitagora, 4 Français sur 10 affirment déjeuner « sur le pouce » au moins une fois par semaine, et jusqu’à 21 % d’entre eux déclarent le faire au moins trois fois par semaine.

Réalisée en mars 2015 auprès d’un échantillon représentatif de 1007 Français âgés de 16 à 70 ans, l' étude Ipsos commandée par le pôle de compétitivité Vitagora dévoile que malgré un fort attachement à la tradition des repas, les Français s’approprient de plus en plus largement les pratiques de consommation « snacking ». Par exemple, 4 Français sur 10 affirment déjeuner « sur le pouce » au moins une fois par semaine, et jusqu’à 21 % d’entre eux déclarent le faire au moins trois fois par semaine. Une pratique qui peut s'expliquer par le manque de temps : 42 % des répondants « ne trouvent jamais le temps de faire ce qu’ils souhaitent » (34 % en 2006) et 53 % d’entre eux affirment manger sur le pouce à la place d’un vrai repas « s’ils sont pressés ».

Consommation au bureau ou à domicile

Preuve d'une certaine permanence des habitudes, boulangeries et supermarchés restent en tête des lieux privilégiés pour l’achat de produits à manger sur le pouce (respectivement 52 % et 48 % des répondants affirment y acheter ce type de produits), loin devant les drives (seulement 17 % d’entre eux). La consommation se fait au travail ou à la maison : 52 % des individus mangent régulièrement sur le pouce à leur domicile (principalement devant la télévision, dans leur salon ou leur cuisine) et 41 % sur leur lieu de travail (bureau ou poste de travail). 15 % des répondants affirment consommer leur plat dans la rue. Si l’aspect « gain de temps » de l’alimentation prête à consommer semble donc irréfutable (56 % des individus qui consomment des produits sur le pouce, en dehors d’un repas complet, préfère les acheter tout prêts à consommer plutôt que de les préparer à l’avance), l’aspect « nomadisme » reste encore au second plan des pratiques françaises.

Fruits, fromage, et yaourts au « top 3 »

L'âge peut aussi faire varier les attentes. Les plus jeunes sont en quête de pratiques fonctionnelles et efficaces. Ils souhaitent avant tout optimiser leur temps, à la fois quand ils achètent (dépannage de dernière minute, volonté de limiter le temps d’attente), et quand ils consomment (ils mangent plus souvent devant un écran). Les plus âgés sont plus exigeants et veulent se rapprocher au maximum des conditions d’un repas traditionnel (ils privilégient les achats chez le traiteur et la consommation dans la cuisine).

Globalement, les produits à consommer sur le pouce sont peu transformés. Fruits, fromages et yaourts/fromages blancs constituent le « top 3 » des produits les plus souvent consommés sur le pouce en France, très fortement devant les biscuits salés, les plats préparés, ou les sandwichs.

Autre enseignement, l’offre de produits à manger sur le pouce est considérée comme plutôt insatisfaisante en matière d'attentes nutritionnelles (taux de sucres et de matières grasses), naturels, bio ou végétariens. A contrario, les deux critères importants, le goût et la praticité, sont déjà jugés atteints dans l’offre actuelle. Ces éléments invitent les industriels à développer une offre spécifiquement dédiée aux habitudes françaises, mêlant la modernité de l'usage à un certain traditionalisme, selon quatre axes :

- des produits sains,

- rappelant le fait-maison,

- peu chers,

- et maintenant goût et praticité.

"Il existe de véritables opportunités de réinventer le snacking en France, affirme Christophe Breuillet, directeur de Vitagora. Mais le terme "snacking" ne convient plus, car les consommateurs français attendent une offre en phase avec leur représentation traditionnelle de l'alimentation, plus proche du repas classique. Il s'agit donc d'inventer un nouvelle offre qui concilie la représentation du repas français et l'usage de praticité désormais incontournable".