Process Alimentaire / À la une / Le bio progresse encore de 10 %

Le bio progresse encore de 10 %

Pierre Christen - Amélie Dereuder |  21 Septembre 2015 | 

"Tout le secteur – nombre de distributeurs, producteurs, transformateurs et même surfaces de production - a doublé en cinq ans", se réjouit Didier Perréol, président de l'Agence Bio et vice-président du Synabio.

Lors d’une conférence de presse organisée mercredi 16 septembre, l’Agence Bio a annoncé que le marché des produits bio devrait progresser de 500 millions d’euros, pour atteindre les 5,5 milliards d’euros en 2015. «On ne peut plus dire que le bio est un marché de niche, les rayons s'élargissent et l'offre évolue beaucoup, ce qui est moins le cas en conventionnel. Tout le secteur – nombre de distributeurs, producteurs, transformateurs et même surfaces de production - a doublé en cinq ans », souligne Didier Perréol, président de l'Agence Bio et vice-président du Synabio.

Progression de 10 % tous circuits confondus

La progression des ventes est estimée à 10 %, partagée par tous les circuits de distribution et en restauration commerciale. Un temps malmenés par la grande distribution, les magasins spécialisés retrouvent des forces avec une hausse des ventes de 15 % depuis le début de l’année grâce à des ouvertures de magasins et des agrandissements de surface. Une dynamique qui devrait se voir renforcée par l'arrivée de nouveaux concepts, à l'instar du premier magasin 100 % vrac (sans emballages) de l'enseigne Biocoop (Lire ici), qui ouvrira ses portes à Paris prochainement.

En grande distribution (hors discount), la progression des ventes (à poids fixe) se maintient, sans l’éclat de ces dernières années, avec une hausse de 7,4 % par rapport au premier semestre 2014, selon le panéliste Iri. Des ventes qui pèsent aujourd’hui 30 % du total bio. Les trois progressions les plus nettes proviennent des rayons épicerie (+9,8 %), liquides (+5,3 %) et produits frais en libre service (+5,8 %).

4,6 % de la surface agricole en bio

9 545 transformateurs sont engagés en bio au 30 juin 2015, un chiffre en hausse de 2% . « Les sandwichs, pizzas, plats traiteurs se développent bien, en particulier en frais. Les produits pour le petit-déjeuner et le babyfood bénéficient également d'une belle montée en puissance», ajoute Didier Perréol. L’épicerie, les boissons et la transformation de céréales sont les trois segments comptant le plus de nouveaux engagements (+ 7 %), « et la croissance la plus forte s'observe chez les entreprises qui sont dans le bio depuis une vingtaine d'années » , ajoute-t-il.

Point crucial pour les transformateurs, les filières de production continuent de se renforcer. Au cours des six premiers mois de l’année, le nombre de fermes bio a progressé de 8 % comparativement à 2014. « Soit l'équivalent de 16 producteurs qui décident chaque jour de convertir leur ferme en bio ! », souligne Elisabeth Mercier, directrice de l'agence bio. D’ici la fin de l’année, les surfaces bio devraient avoir augmenté de 10 % pour dépasser 1,25 million d’hectares. Signe encourageant, les conversions progressent de 40 % en surface, soit 200 000 hectares au total. La part du territoire agricole français dédié au bio sera fin 2015 de 4,6 % contre 2 % fin 2007.

Ainsi 5860 élevages bovins (lait et viandes) sont engagés (+ 500 depuis le début de l’année), 4620 exploitations viticoles (stable), 4340 cultures de légumes et de maraîchage (+6,6 %) et 4280 producteurs grandes cultures (+769)

De fait, 76 % des produits bio consommés en France sont « made in France ». Une « autosuffisance » qui n’était que de 56 % il y a cinq ans. Une belle progression qui devrait encore croître, car 20 % des importations proviennent de produits bio encore peu disponibles en France mais avec des perspectives d’augmentation de l’offre à moyen terme.

Léa Nature investit 4,5 M€

Ce contexte favorable donne confiance aux opérateurs. Ainsi, Léa Nature vient d’annoncer un investissement de 4,5 M€ dans une nouvelle usine de production de sachets repas individuels bio, sans gluten et sans lactose (Lire ici).

>>Retrouvez notre dossier complet à paraître dans le numéro d'octobre.