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Le secteur alimentaire doit faire face aux tensions de recrutement

Pierre Christen |  17 Mai 2018 | 

Selon l’enquête des Observatoires du secteur alimentaire, 41 % des recruteurs ont rencontré des difficultés de recrutement en 2017.

Depuis quatre ans, les Observatoires du secteur alimentaire mènent une enquête auprès des entreprises sur le bilan des recrutements de l’année passée et sur les perspectives de l’année en cours.

Plus de 5 300 interviews ont été réalisées par le cabinet GMV Conseil sur un total de 46 000 entreprises couvertes par le périmètre : industries alimentaires, coopératives agricoles et alimentation de détail (boulangeries-pâtisseries, charcuteries de détail, pâtisseries, confiseries, chocolateries et biscuiteries, et poissonneries). Les résultats ont été redressés en tenant compte du nombre de salariés par secteur, branche, région et par taille d’entreprises.

Plus de 103 000 recrutements en 2017

Conclusion : 103 032 recrutements effectués en 2017 (CDI et CDD, hors intérim et saisonnier), une donnée en progression de 14 %, dans un contexte pourtant moins favorable qu’en 2016. Cette dynamique est portée essentiellement par le remplacement de départs définitifs de salariés.

Mais cette vague de renouvellement ne se fait pas aisément. Selon l’étude, 41 % des recruteurs ont rencontré des difficultés de recrutement. « C’est sept points de plus qu’en 2016, soit la progression la plus forte observée depuis que nous menons l’enquête », affirme Caroline Cohen, directrice des études pour Opcalim. Une situation qui devrait perdurer en 2018, d'autant que les entreprises prévoient une activité économique plutôt stable, voire en hausse pour 27 % d'entre elles.

Deux explications sont données par les entreprises :

- le manque de candidatures, car le profil est rare sur le territoire. Ce qui peut être la conséquence d’un territoire où de nombreuses entreprises sont en concurrence ou au contraire d’un territoire rural où la main d’œuvre manque,

- le manque d’expérience ou de compétences et de savoir être des candidats.

Cette situation pointe les efforts nécessaires pour améliorer l’attractivité du secteur. « Nous agissons à ce niveau pour démontrer toute l’attractivité d’un secteur d’activité innovant et en croissance », souligne Caroline Cohen. Les partenaires sociaux d’Opcalim ont développé le programme spécifique Alimetiers, qui se concrétise par une présence dans les salons, sur les réseaux sociaux, par l’organisation de visites d’entreprise ou par le développement du site Alimetiers.com sur lequel les entreprises peuvent déposer des offres d’emploi.

« L’autre axe est la mise en œuvre par les entreprises d’une stratégie de marque employeur pour séduire les candidats. Notre rôle est de faciliter l’action des entreprises dans le domaine », complète-t-elle.

L’enjeu de la transformation numérique

« L’étude met en exergue l’enjeu de la transformation numérique, qui demande aux salariés polyvalence et agilité », pointe Caroline Cohen. 37 % des entreprises considèrent l’accélération des mutations technologiques et digitales comme une réalité. Ce qui ne veut pas dire qu’elle est mise en œuvre. D’après l’enquête, seulement 15 % d’entre elles estiment que ces mutations vont faire évoluer leurs métiers ou impacter leur organisation du travail à court et moyen terme.

Dans ce contexte, Opcalim veut jouer un rôle d’accompagnateur des entreprises. Outre une vidéo de sensibilisation aux enjeux de la transformation numérique ( cliquez ici ), l’organisme paritaire met actuellement à disposition des TPE- PME un parcours de sensibilisation aux enjeux du numérique. Il s’articule autour de deux modules sous format pédagogique (MOCC) animés sur quatre semaines. Le premier « Le numérique, c’est tout de suite ! » donne des clefs de compréhension générale. Le second « Dans le secteur alimentaire, le digital, c’est primordial » aborde la digitalisation des activités du secteur alimentaire. Une session est prévue le 11 juin. Pour s’inscrire, cliquez ici .