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Le secteur des produits laitiers frais se mobilise

Stéphanie Perraut |  2 Avril 2013 | 

Syndifrais a présenté le 28 mars le bilan 2012 du secteur des produits frais laitiers. Malgré des ventes en baisse, le marché reste dynamique au travers de projets collaboratifs et vise l'export. © Photo Christelle Glémet 

Syndifrais, organisation professionnelle indépendante regroupant les industriels privés et coopératifs du secteur des produits frais laitiers (yaourts, laits fermentés, fromages frais, desserts lactés frais et crèmes fraîches), a présenté le 28 mars à Paris le bilan 2012 de la filière. En France, le marché a conclu l’année 2012 sur un recul de 2.5% en volume et de 0.5% en valeur. Les ventes en volume des produits ultra-frais à marque nationale se replient de 0,9% tandis que les marques de distributeur reculent de 4,9%. Seules les ventes d’autres marques progressent (+6,9%).

En 2012, la production nationale s’est élevée à 3.4 millions de tonnes, dont - il faut le souligner - 800 000 tonnes destinées à l’export. Le savoir-faire et la qualité français s’exportent bien et créent de l’excédent commercial. Le développement à l’international devient ainsi un enjeu stratégique pour ce secteur mature.

De nombreux chantiers collectifs

Mais malgré un contexte économique tendu, la filière reste dynamique et les Français attachés à ces produits fortement associés aux notions de plaisir et de santé. En 2012, les membres de Syndifrais se sont mobilisés sur des chantiers collectifs sur des thèmes environnementaux et nutritionnels. Par exemple, la mission scientifique Syndifrais/Cniel, composée de scientifiques académiques et d’industriels, pilote des projets de recherche qui visent à mieux connaître les bénéfices santé et nutritionnels des ferments laitiers et des produits laitiers frais. Fin 2012, le projet de recherche BL Ami a reçu l’agrément du Cniel. Il étudiera sur trois ans comment le ferment laitier L. lactis joue un rôle dans la protection du tube digestif et peut réduire l’inflammation de l’intestin.

Un marché à restructurer

Pour accompagner cette évolution du marché, la filière doit se restructurer. « La distribution ne nous accorde pas de hausse. Dans cette situation, je pose la question de la restructuration des sites de production de lait et de transformation. L’intérêt est de réduire le nombre d’interlocuteurs pour être plus fort face à la distribution. Actuellement, nous sommes beaucoup, face à un petit nombre de distributeurs. », illustre Jean-François Fortin, directeur général des Maîtres Laitiers du Cotentin. « La filière lait et ultra-frais a besoin de s’appuyer sur des vraies interprofessions qui privilégient le dialogue et le partage de la valeur ajoutée. Car aujourd’hui, nous assistons à un pilotage de la filière par l’aval», conclut Jean-Philippe Dop, conseiller technique auprès de Guillaume Garot, en charge de la promotion et de la qualité des produits.