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Les coopératives agricoles montent en puissance

Rémi Pin |  16 Novembre 2010 | 

Philippe Mangin, président de Coop de France : "Quinze groupes coopératifs affichent désormais un chiffre d'affaires supérieur au milliard d'euros, soit deux fois plus qu'il y a dix ans."

Le chiffre d'affaires des coopératives agricoles, agroalimentaires et agro-industrielles a progressé de 5% cette année (exercice octobre 2009 – octobre 2010) pour atteindre 82,4 milliards d’euros.
Cette croissance de 2,4 milliards d'euros est en grande partie à mettre au crédit des mouvements sur les dix premiers mois de l’année. « Le nombre de mouvements des coopératives, rachats, fusions ou cessions d’actifs a augmenté, explique Yves le Morvan, directeur de Coop de France. La majorité des opérations se passe entre coopératives : sur les 79 relevées à ce jour, 45 concernent les seuls regroupements entre coopératives. » Parmi les opérations les plus contributrices à la croissance du CA coopératif, citons le rachat d’Entremont par Sodiaal ou les croissances externes du groupe sucrier Tereos.

La France sous-représentée dans le top 15 européen

Conséquence, le nombre d’entreprises coopératives passe pour la première fois sous la barre des 3 000, avec 2 900 unités (coopératives, unions et Sica). « Quinze groupes coopératifs affichent désormais un chiffre d'affaires supérieur au milliard d'euros, soit deux fois plus qu'il y a dix ans, cela démontre que le discours de Coop de France est passé, se félicite Philippe Mangin. Mais il reste encore nombre de projets à réaliser. Au niveau européen, nous ne sommes pas dans des positions qui nous situent en position de leader. » Le président de Coop de France s’appuie sur le top 15 européen des groupes coopératifs, qui ne compte que 5 français. Il s’agit d’InVivo (6ème avec un CA de 5,1 Mds €), Sodiaal (10ème , 4 Mds €), Terrena ( 13ème, 3,48 Mds €), Tereos (14ème, 3,31 Mds €) et Axéréal (15ème ; 2,8 Mds €).

Accélérer les alliances

« La coopération se doit d’aller plus loin dans les alliances, en particulier dans les secteurs volaille et viande rouge », poursuit Philippe Mangin, qui dresse le même constat pour la filière lait. Des conclusions qui vont dans le même sens que les recommandations du rapport Rouault remis fin octobre au ministre de l’Alimentation Bruno Le Maire. « La fusion Sodiaal-Entremont n’est pas un aboutissement, déclare le président de Coop de France. La coopération laitière devra se parler dans les prochains mois. On est trop focalisé sur la bataille du prix plutôt que sur la restructuration et la création d’un modèle compétitif vis à vis de nos concurrents européens. »
Pour les autres secteurs, il y a des choix stratégiques à faire. « Etre leader ne signifie pas toujours être un géant, c’est être capable de peser sur un marché. Nous avons besoin de projets innovants et porteurs », ajoute Philippe Mangin. L’autre défi du système coopératif français.