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Les facteurs de succès vus par Frédéric Ventre, président-fondateur de Yooji

6 Mars 2017 | 

La priorité, c’est la transparence, à tous les niveaux. Les relations avec le consommateurs doivent être le plus claires possibles et comme le dit l’adage, il faut “dire ce que l’on fait, faire ce qu’on le dit”. Et cela doit concerner aussi bien l’origine des ingrédients, les process que les bénéfices santé. Si l’on veut que la profession marque des points, nous devons tous faire en sorte de mettre un terme à cette époque de scandales alimentaires. Ce climat de suspicion est néfaste pour tous.

Une autre priorité est la prise en compte accrue de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Cela va aider à recréer de la confiance. Autour de l’environnement, il y a aussi beaucoup de doute sur les labels de palme ou de pêche durable, et même sur le bio. On entend dire qu’il y a du bio de première ou de deuxième catégorie, que le bio de grande surface serait moins “bio” que les autres… C’est une image bien négative. Il serait peut être plus rassurant pour les consommateurs d’avoir des labels qui soient moins sujets à interprétation.

Je pense aussi qu’il va falloir de plus en plus penser aux impacts santé des aliments que nous proposons. On ne peut plus se contenter de justifier la commercialisation de produits trop gras, trop sucrés ou trop salés par : “il ne faut juste pas en manger trop souvent!”. Il faut abandonner cette discussion d’arrière-garde et se positionner sur des produits réellement orientés santé ou dont les effets sont clairement mesurés. La question à se poser lors de l’ajout d’ingrédients ou d’additif, c’est de savoir si c’est utile ou bénéfique.

Grâce aux smartphones et à l’internet des objets, je crois également que l’on peut s’orienter vers une relation plus personnalisée avec le consommateur et que l'on peut dialoguer via des outils sur l’emballage ou sur le produit lui-même. Le consommateur pourra suivre sa ration calorique ou le contenu de son réfrigérateur de façon automatisée Chacun verra ce qu’il consomme mais aussi ce qu’il gaspille. Le lien deviendra aussi plus fort entre alimentation et prévention santé.

Avec la diversité des circuits de distribution, l’enjeu est d’ouvrir les yeux des consommateurs sur la réalité du prix. Le “toujours moins cher” encensé par les distributeurs est peut être bénéfique à court terme, mais sur le long cours, l’importation de denrées -parfois moins bien tracées- et la perte des emplois locaux auront un impact économique. Les consommateurs risquent alors de payer leur aliment bien plus cher. Il faut donc aider nos consommateurs à faire des choix plus éclairés. S’ils arrivent à avoir cette relation directe avec les producteurs ou les distributeurs, cela serait également l’occasion d’opter pour un marketing plus personnalisé et de rationaliser les campagnes de publicité. Délivrer le bon message, au bon moment et à au bon consommateur reviendra ainsi potentiellement moins cher !