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Noir tableau pour l’industrie agroalimentaire

Rémi Pin |  19 Novembre 2013 | 

« Un tunnel dont on ne voit pas la sortie ». Voilà comment Jean-Philippe Girard, président de l’Ania résume la situation de l’agroalimentaire français. Crédit : Yann Cainjo.

« Un tunnel dont on ne voit pas la sortie ». Voilà comment Jean-Philippe Girard, président de l’Ania résume la situation de l’agroalimentaire français. Un point de vue partagé par la FNSEA et Coop de France lors d’une conférence de presse commune le 13 novembre dernier.

Après l’épisode écotaxe cristallisé autour des bonnets rouges, tous s’inquiètent de la spirale de la fiscalité, boulet au pied d’entreprises qui dégagent très peu de marges. Le chiffre d’affaires sera stable en 2013 mais la production des industries alimentaires françaises est en baisse de 1%. Les investissements reculent quant à eux de 3%, et cela sera sans doute « pas beaucoup mieux pour 2014 », selon les prévisions de l’Ania.

« 5000 emplois sont menacés, il y a une entreprise par jour qui tombe, s’inquiète son président. Combien d’hypers ou supermarchés ont déposé le bilan cette année ? » C’est bien sûr la LME qui est visée, autre épine dans le pied des industriels de l'agroalimentaire pour Jean-Philippe Girard, qui s’indigne des pratiques de la grande distribution : « On nous oblige des renégociations permanentes, on nous présente des plans d’affaire totalement vide ». Entre octobre 2012 et 2013, les prix des grandes marques auraient reculé de 2,1% selon des chiffres d’un baromètre Nielsen.

« On doit repartir en reconstruction avec toutes les filières, poursuit le président de l’Ania. La pression fiscale et de la grande distribution est absolument insupportable ». Les solutions pour redonner de l’allant au secteur tont toujours défauts. Ni le projet de loi de consommation de Benoît Hamon, ni le pacte d’avenir pour Bretagne, « recyclage d’argent public », ne convainquent les trois acteurs de la filière alimentaire.