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Num-Alim : la base de données produits issue des fabricants

Pierre Christen |  26 Novembre 2018 | 

« A Paris, une personne sur trois fait ses courses avec son smartphone, une sur cinq en Province, constate Cédric Lecolley, directeur commercial et filières chez GS1 France. Crédit : Adobe Stock.

« Le sens de l’histoire, c’est l’alimentation personnalisée ! Dans 15 ans, il est hautement probable que nous mangerons en fonction de notre génome et de notre microbiote. Pour cela, les outils numériques peuvent jouer le rôle d’aide à la décision, afin de mieux faire correspondre nos choix alimentaires à nos besoins », affirme Daniel Nairaud, directeur du Fonds Français pour l'Alimentation et la Santé (FFAS). Pour l'heure, ce sont les applis type Yuka ou « Y a quoi dedans » qui font l'actualité. « A Paris, une personne sur trois fait ses courses avec son smartphone, une sur cinq en Province, constate Cédric Lecolley, directeur commercial et filières chez GS1 France. Ces applis modifient les comportements d’achat à partir d'informations qui proviennent des consommateurs. D'où le besoin pressant d'une source sûre de données produits émanant des marques ».

Une carte d'identité numérique des produits alimentaires

C'est tout l'enjeu du projet Num-Alim. Issue du travail collectif du FFAS, porteur opérationnel du projet, de l’Ania, de la fondation Avril et de GS1, cette plate-forme numérique de l’alimentation sera renseignée directement par les fabricants. Elle rassemblera des données vérifiées et mises à jour en temps réel sur les produits alimentaires en établissant leur carte d’identité numérique. Num-Alim est une priorité du contrat de filière ( Lire ici ). Relevant d'un partenariat public-privé (50-50), le budget de ce projet d'envergure, une première mondiale, est de 6,2 M€.

La plate-forme va comprendre :

- le catalogue numérique GS1 : reproduction digitale des informations présentes sur l'étiquette, une trentaine d'attributs produits seront renseignés par les fabricants et mis à disposition de la communauté GS1 (moyennant une adhésion coûtant de 80 à 4000 € selon le chiffre d'affaires).

- les conditions de production : ces informations sur les pratiques culturales ou les modes d’élevage seront issues des travaux d'un consortium financé par la fondation Avril et ses partenaires. Il s'agit d'aller chercher les données à l’échelle de l’exploitation agricole.

- les comportements d'achats : des données réelles sur les consommations individuelles en provenance par exemple des tickets de caisses et cartes de fidélité des distributeurs.

- le statut nutritionnel de la population française : des études comme Nutrinet seront exploitées.

Second semestre 2019 : le début de l'histoire

La logique adoptée par les porteurs du projet est de construire une base de données fiables et pertinentes avant de penser aux algorithmes qui pourront être générés. Mais il apparaît déjà clairement que ce projet ambitieux ouvre la voie à de nombreuses applications. « Il est urgent de travailler à la recherche des liens de causalité entre ce qu’on mange et ce qui se passe en termes de santé. Cette plate-forme de données massives ouvrira la voie à des recherches qui permettront d’orienter les politiques publiques. En lien avec la connaissance des achats, Num-Alim permettra de créer des outils d'aide à la décision pour toute la filière », souligne Daniel Nairaud.

Côté consommateurs, les applications type Yuka pourront s'appuyer sur cette base, à condition que les apporteurs de services numériques s'impliquent dans GS1. L’idée est aussi de faire émerger de nouvelles applications de deuxième et troisième génération. « Par exemple, on pourra imaginer nouer un partenariat avec Marmiton pour fournir des données produits en association avec des propositions de recettes », illustre Daniel Nairaud.

« La première urgence est d’alimenter l’appétit des consommateurs avec des données qui proviennent des marques et non des consommateurs. Composition du produit, allergènes, informations nutritionnelles…, l’objectif n’est pas l’exhaustivité des données mais d’embarquer les 18 300 entreprises concernées, dont une grande majorité de TPE et PME », conclut Cédric Lecolley. Le catalogue numérique GS1 sera mis à disposition au second semestre 2019. « Cela sera le début de l’histoire. Le timing sera alors fonction de notre capacité à convaincre les marques d'alimenter la base ».