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Près d'un point de marge perdu sur deux vient de la guerre des prix

Karine Ermenier |  4 Avril 2016 | 

Jean-Philippe Girard, président de l'Ania : "Il faut en finir avec les soldes permanentes. Les IAA demandent à relever leurs taux de marges de 1 à 2 points, pas de 5 points !"

L'Ania a tenu sa conférence de presse économique annuelle le 29 mars dernier. L'occasion pour Jean-Philippe Girard, président de l'association, de rappeler que les indicateurs macroéconomiques n'ont jamais été aussi favorables à l'investissement : prix du baril de pétrole au plus bas depuis onze ans (30 dollars début 2016), taux d'intérêt des crédits en constante diminution (1,6 % en février), amélioration du climat des affaires (au plus haut depuis quatre ans), etc. « Et pourtant, les entreprises agroalimentaires hésitent à investir et manquent de confiance en l'avenir », déclare-t-il. La faute aux marges qui s'effritent et aux trésoreries très tendues.

Comment expliquer cette situation ? Stéphane Dhamani, directeur économie de l'Ania a justement cherché à répondre à cette question en analysant les déterminants économiques du taux de marge des IAA. Ils sont au nombre de cinq : les salaires, les termes de l'échange, les taux de cotisations patronales, les gains de productivité et les aides conjoncturelles.

6 points de marge perdus à cause des difficultés à passer les tarifs

Il en ressort que, sur les 8,7 points de taux de marge perdus en moyenne par les IAA entre 2009 et 2015, 6 points proviennent de la guerre des prix. « Ils proviennent précisément de ce que l'on a qualifié de « termes de l'échange ». C'est à dire que 6 points de taux de marge ont été perdus à cause de l'incapacité des industriels à répercuter sur leurs prix de vente la hausse du cours de leurs matières premières, explique Stéphane Dhamani. En d'autres termes, cela illustre leurs difficultés à passer leurs tarifs. »

5,5 points de marge gagnés par l'amélioration de la productivité des entreprises

En comparaison, l'impact des salaires a réduit de 8,1 points les taux de marge. Et les taux de cotisations patronales ont eu un effet négatif estimé à - 0,8 point. A l'inverse, deux autres facteurs ont contribué à l'amélioration des taux de marges des IAA : les gains de productivité (+ 5,5 points de taux de marge) et les aides de l’État (CICE, pacte de responsabilité, mesure de suramortissement, etc.) pour 0,7 point. « On atteint des taux de marges inobservés depuis 1974. Ils sont en baisse continue depuis 2000 », précise Stéphane Dhamani.

32 mois consécutifs de déflation

«Janvier a été le 32eme mois consécutif de déflation, note Jean-Philippe Girard. C'est du jamais vu ! Les industries agroalimentaires servent d'amortisseurs de prix des matières premières. Quand j'ai débuté, la volatilité sur les céréales était faible. Aujourd'hui, on peut perdre sa rentabilité sur les achats ! Et la guerre des prix va malheureusement se poursuivre en 2016. On enregistre encore une forte augmentation des promotions. Et les négociations ont encore été moins bonnes qu'en 2015 qui étaient déjà moins bonnes qu'en 2014.» L'Ania déplore d'autant plus cette situation que la guerre des prix ne permettrait pas de relancer la consommation. «Sur 0,5 % de croissance de la consommation, 0,4 % provient de la croissance démographique, explique Stéphane Dhamani. L'élasticité des prix est vraiment faible en agroalimentaire. »

Audit sur l'impact de la LME sur la marge des entreprises commanditée par Bercy

Le consommateur réclame un prix juste et pas un prix bas, martèle donc Jean-Philippe Girard. Qui attend les résultats de l'audit sur l'impact de la LME (Loi de Modernisation de l'Economie) sur les marges des entreprises commandité par Bercy, pour se mettre autour d'une table avec la grande distribution. Objectif : faire évoluer les comportements et les mentalités pour aller de plus en plus vers des contrats de filières. Ce qui passera vraisemblablement par un amendement de la LME espéré après l'été. « Il faut en finir avec les soldes permanentes, conclut Jean-Philippe Girard. Les IAA demandent à relever leurs taux de marges de 1 à 2 points, pas de 5 points. » A bon entendeur ...


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