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Rappels de lait infantile : Lactalis prend la parole

Marjolaine Cérou |  12 Janvier 2018 | 

Lactalis a tenu une conférence de presse hier soir à Paris pour faire un point à date sur la contamination des laits infantiles par Salmonella Agona.

Suite à la contamination des laits infantiles par Salmonella Agona , Lactalis s’est exprimé hier soir pour faire un point à date sur l’affaire qui a débuté le 2 décembre dernier. Cette réunion « exceptionnelle » fait notamment suite aux accusations de la grande distribution, en particulier Thierry Cotillard, président d'Intermarché, qui a mis le feu aux poudres en remettant en cause la gestion des mesures de retraits-rappels du groupe mayennais.

Le mardi 9 janvier, Leclerc a en effet annoncé que 984 boîtes de laits infantiles produits par le site de Craon (53), soit 200 références, ont été achetées par 782 clients en dépit des mesures de rappels mises en œuvre. Le p-dg de l’enseigne de distribution, Michel-Edouard Leclerc, s’est excusé mettant en avant « une défaillance inadmissible » de la gestion en interne du rappel. Le lendemain, les enseignes Casino, Carrefour (dont les laits infantiles à marque distributeur sont produits à Craon ), Systeme U et Intermarché sont montées au créneau indiquant également avoir recensé des boîtes de lait concernées par le rappel dans leurs rayons. Pour rappel, suite à un signalement par l’Institut Pasteur (Centre national de référence des salmonelles), quatre rappels produits se sont suivis entre les 2 et 21 décembre, dont l’un exigé par Bercy. Le premier concernait douze références, le dernier englobait l’ensemble de la production et des produits conditionnés depuis le 15 février 2017.

6 700 points de ventes visités par les équipes Lactalis

En réponse, Lactalis assure avoir transmis les informations clés selon les procédures en vigueur. « Nous avons accompagné [nos clients ] en visitant plus de 6 700 points de ventes, pour les informer et les sensibiliser. Ce sont l’ensemble des équipes commerciales du groupe Lactalis, au-delà de la division Nutrition qui se sont engagées dans ce rappel produit », assure Michel Nalet, directeur de la communication et des relations extérieures du groupe. Il précise également que 30 530 médecins généralistes à tendance pédiatrique, 1 479 pédiatres et l’ordre des pharmaciens ont été informés.

Le groupe a aussi réagi sur les accusations parues dans la presse, suggérant que Lactalis était au courant de la contamination en interne depuis des mois. « Jusqu’au 1er décembre au soir, nous n’avions eu aucune analyse positive de salmonelle dans nos produits, ni une quelconque information quant à une suspicion d’enfants malades », insiste Michel Nalet. Il en a également profité pour rappeler que les analyses sont systématiques et libératoires. Et que celles contrôlant la présence de salmonelles sont opérées par un laboratoire prestataire (en l'occurrence Eurofins).

Lactalis confirme néanmoins que deux résultats se sont avérés positifs, suite à un contrôle dans la tour de séchage, en août et en novembre 2017. Selon l’arrêté préfectoral publié le 29 décembre dernier, les contaminations porteraient sur du matériel de nettoyage (pelle, balai, raclette) et sur les roues d’un aspirateur dans la zone sèche de la tour de séchage n°1. « A partir du moment où la salmonelle a été détectée dans l’environnement, des opérations de désinfection ont été mises en œuvre pour éviter tout risque de propagation, suivies de contrôles renforcés. […] A chaque fois, après application de la procédure, les contrôles étaient négatifs. En outre, à aucun moment à cette période nous n’avons trouvé de résultats positifs de présence de salmonelle dans nos produits », assure Michel Nalet. C’est finalement les investigations sur les produits finis qui ont confirmé la suspicion dispersée de Salmonella Agona et qui ont conduit au rappel global du 21 décembre.

L’explication de la contamination latente plus que probable

Pour autant, la lumière n’a pas encore été totalement faite sur les origines de la contamination qui touche le site de Craon, à l’arrêt depuis le 8 décembre et où le chômage partiel est effectif depuis le 9 janvier . Depuis fin décembre, la piste de la contamination par la bactérie Salmonella Agona qui avait touchée le site de Célia (rachetée par Lactalis en 2006) se renforce. « Nos analyses ces dernières semaines confortent une hypothèse de résurgence d’une bactérie consécutive à des périodes de travaux, au premier semestre 2017, avec une possible dispersion sur le site. A ce stade, nous ne pouvons en dire plus », souligne Michel Nalet. Les résultats de l’Institut Pasteur devaient confirmer ces hypothèses dans les prochaines semaines. Le groupe a profité de cette conférence pour « renouveler ses excuses à toutes les personnes qui ont pu être concernées par ces rappels produits et les inquiétudes qui en ont découlées ».

Une chose est certaine, cette crise ne restera pas sans conséquence sur la conception et la conduite des tours de séchage. Rappelons-nous la contamination par Listeria de plusieurs fromages au lait cru dont les camemberts Le Petit (Lactalis) à la fin des années 1990. Un épisode que les équipes Lactalis n'ont jamais oublié et qui a profondément modifié les pratiques de la filière des fromages au lait cru.