Process Alimentaire / À la une / Spécial Sial 2018 : la transition alimentaire en lame de fond

Spécial Sial 2018 : la transition alimentaire en lame de fond

Fanny Rousselin - Pierre Christen |  17 Octobre 2018 | 

« 2018 marque un virage. Après la transition numérique et énergétique, on assiste à une transition alimentaire », assure Nicolas Trentesaux, directeur général du réseau SIAL. Selon la 4ème étude exclusive « Food 360° » réalisée pour l’édition 2018 par Kantar TNS, en synergie avec XTC World Innovation et GIRA conseil, trois phénomènes majeurs sont en train de remodeler la planète Food : le goût, le vrai et le sens. « Il s’agit d’une lame de fond portée par les consommateurs », insiste Pascale Grelot-Girard, directrice expertise Market Intelligence chez Kantar TNS. Autant d’engagements relayés par les politiques, les grands groupes industriels, mais aussi les PME et TPE, ou la distribution. « Il y a une convergence tant mondiale qu’entre circuits : grande distribution et restauration », constate Nicolas Trentesaux.

Le consommateur veut redonner du sens à son alimentation, avec une logique, se rapprocher du producteur. Les circuits courts sont en progression entre 2016 et 2018 en France comme au Royaume-Uni.

Dans le même temps, la consommation de viande, fromages et de produits laitiers est à la baisse. Tandis que la consommation de poissons augmente (+11 % en France, + 8 % en Russie) tout comme celle de produits végétaux. Plus de la moitié des consommateurs déclarent avoir augmenté leur consommation de fruits et légumes.

Deux marqueurs clefs deviennent incontournables : le bien-être animal et l’environnement. Selon l’étude, 80 % des consommateurs déclarent qu’il est important pour eux d’acheter des produits plus respectueux du bien -être animal (dont un tiers très important). Une hausse très sensible en France, au Royaume-Uni, en Chine et au Moyen-Orient. En parallèle, 82 % jugent assez ou très important d’acheter des produits plus respectueux de l’environnement. Une question devenue essentielle en France, Espagne, Allemagne, Chine et en Asie du Sud-Est.

Le point clef est que les trois-quarts d’entre eux se disent prêts à acheter des produits un peu plus chers si cela permet de valoriser les efforts de chacun. Mais surtout, ils attendent beaucoup des différents acteurs de la chaîne alimentaire. Pour les Français, cette exigence se porte à 67 % vers les agriculteurs et les éleveurs, mais aussi vers les artisans-commerçants et vers les industriels de l’agroalimentaire. Les Allemands et les Espagnols comptent quant à eux sur les associations de consommateurs. Tandis qu’en Chine et au Moyen-Orient, la balle est mise dans le camp des autorités.