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Viande de cheval : des emplois à sauver

Pierre Christen |  25 Juin 2013 | 

Thierry Blandinières, président de Delpeyrat, a confirmé l’annonce faite par Guillaume Garot, ministre délégué en charge de l’agroalimentaire. Il va déposer une offre de reprise partielle de l’activité de l’entreprise de Castelnaudary, qui est en liquidation judiciaire depuis avril dernier.

Cinq mois après la révélation de la présence de viande de cheval dans des plats cuisinés, on ne sait toujours pas réellement ce qui s’est passé au sein de l’entreprise Spanghero. Au point mort, l’enquête sur la détermination de la fraude a peu à peu disparu de la une des médias pour laisser la place aux conséquences économiques du scandale.

L’avenir de Spanghero et de ses 230 salariés est devenu un enjeu symbolique. Vendredi dernier, Thierry Blandinières, président de Delpeyrat, a confirmé l’annonce faite par Guillaume Garot, ministre délégué en charge de l’agroalimentaire. Il va déposer une offre de reprise partielle de l’activité de l’entreprise de Castelnaudary, qui est en liquidation judiciaire depuis avril dernier. Convaincu par la mobilisation des Pouvoirs publics et par celle du monde de la coopération agricole, le groupe Delpeyrat va appuyer l’offre émise par les salariés de l’entreprise pour reprendre le segment des plats cuisinés en conserve. Ce projet est construit en association avec la société Deveille, intéressée quant à elle par l’activité viande.

Spécialiste des produits de terroir régionaux sous signe de qualité (foie gras IGP Sud-Ouest, jambon de Bayonne IGP, etc.), Delpeyrat joue sur la cohérence en souhaitant intégrant le spécialiste du cassoulet de Castelnaudary. « Le partenariat avec Deveille nous permettra de maîtriser la production des saucisses nécessaires à nos recettes de plats cuisinés, indique Thierry Blandinières. Nous fournirons la matière première et assurerons un contrôle qualité sans faille, la transformation étant assurée par Deveille. Les autres viandes seront issues de nos filières de production de canard ».

Le verdict du tribunal de Commerce est attendu le 02 juillet. Rappelons que le fondateur de l’entreprise de Castelnaudary, Laurent Spanghero, a lui aussi déposé une offre. Cette figure du monde économique du Sud-Ouest, que l’on a vu défiler ce week-end à Paris avec les éleveurs, est actuellement le p-dg de Nutrinat. Il propose une réorientation stratégique de l’entreprise, avec un changement de nom. Selon différentes sources, son offre pèserait autour de 4 millions d’euros, quand celle du projet Delpeyrat-Deveille serait à 5 millions d’euros.

L’après crise de la viande de cheval ne concerne pas seulement Spanghero. Nombre d’entreprises ont souffert de la baisse des ventes de plats cuisinés, consécutive au scandale. Loin des médias grand public, la société Fraisnor a été contrainte de cesser son activité fin mai. Le 22 mai, le tribunal de commerce avait prononcé la liquidation de l’entreprise située près d’Arras.

Quant à Findus France, à qui la fraude a été dans un premiers temps attribué à tort par les médias, l’urgence est de regagner la confiance des consommateurs. Dans une interview publiée dans le numéro de juin de Process Alimentaire, Caroline Nobilé, directrice marketing & innovation de Findus France, estime que l’impact de la crise a coûté deux millions d’euros à l’entreprise, en incluant la gestion des retours, des tests ADN, de la plate-forme web mise en place et du manque à gagner. Sa réponse à la fraude est d’avoir accentuer la reprise en main de sa filière d’approvisionnement. Le transfert de production vers Celtigel (groupe le Graët), qui avait débuté en 2012, a été accentué. Le spécialiste de la fabrication de plats cuisinés sous marque de distributeur a l’obligation de s’approvisionner dans l’abattoir proche de Bretagne Viande.

>>Retrouvez l’interview complète de Caroline Nobilé dans notre numéro de juin 2013.