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Economie circulaire : et si l'emballage en verre revenait en force ?

Karine Ermenier |  4 Février 2019 | 

Marie Morin fait partie de ces PME qui ont, dès le début, parié sur l'emballage en verre pour se différencier. Ses dernières nouveautés présentées sur le Sirha sont également conditionnées en verrines et en bouteille verre, toujours en partenariat avec le fabricant Verallia.

« Le verre est moins bon pour la planète que n’importe quel autre matériau d’emballage ! » Tel était le titre d’un article publié par The Telegraph outre-Manche le 27 janvier dernier. Il interpelle à double titre : à la fois parce qu’il va à contre-sens de l’image positive dont bénéficie le verre dans l’opinion mais aussi parce que cette phrase a été prononcée par un porte-parole du groupe Coca-Cola. Celui-ci reconnaît – voire déplore- que les ventes de bouteilles en verre de la marque ont augmenté de 14 % sur les deux dernières années. Et pour cause, d’après une étude menée en 2017 par la fédération européenne du verre d’emballage, la Feve, « un consommateur sur deux dit utiliser plus de verre dans ses emballages qu’il y a trois ans. » Et ce, justement parce qu’il porte un regard très positif sur ce matériau.

85 % des consommateurs plébiscitent le verre

De nombreuses marques ont d'ailleurs opté pour le verre, à l'image de Marie Morin en Bretagne qui collabore depuis ses débuts avec Verallia. « Le choix du verre s’est très rapidement imposé pour nos desserts, pour plusieurs raisons : esthétique d’abord, le matériau verre véhicule parfaitement l’image d’un produit « fait-maison » ; une raison plus technique ensuite, car le verre permet de conserver les qualités organoleptiques des desserts et d’éviter toute migration entre le contenant et le contenu ! Et pour couronner le tout, le verre est un matériau responsable puisqu’il est recyclable à 100% et ce à l’infini », détaille Maxime Resmond, responsable marketing de Marie Morin, qui a dévoilé deux nouveautés sur le Sirha, les deux conditionnées en verre : un assortiment de trois verrines façon café gourmand et une crème anglaise en bouteille verre.

Fin 2018, une étude réalisée par Action Plus Shopper Research pour Citéo dévoilait que « le verre est unanimement considéré comme un matériau recyclable et bon pour l’environnement. Il bénéficie d’une image "verte"». Sur l’échantillon de 2 700 personnes interrogées, une large majorité a estimé que le verre était "le meilleur des matériaux. C’est sain, ça n’altère pas la qualité de produit à l’intérieur, ça se recycle !". Et l’étude d’affirmer, par ailleurs, que ce qui définit le mieux un emballage respectueux de l’environnement pour les consommateurs, c’est son caractère recyclable : 63 % d’entre eux classent spontanément la recyclabilité comme le premier critère de respect de l’environnement. Plus loin derrière arrive le caractère «biodégradable» (32 %), même si cette notion n’est pas toujours clairement comprise, puis le fait que l’emballage soit en papier-carton (26 %) ou en verre (14 %).

Plus récemment, la Feve a révélé que trois millennials sur quatre préfèrent le verre à tout autre matériau pour conditionner leurs produits de beauté. Cette étude fait suite à une autre concernant les emballages alimentaires : il en ressortait également que « 85 % des consommateurs européens recommandent le verre pour le conditionnement de leurs produits alimentaires. Car le verre prévient des contaminations, donne une impression de qualité et de sécurité, a peu d’interactions avec les aliments, etc. »

Son poids le dessert

Alors que peut-on reprocher au verre ? Son poids et la consommation d’énergie nécessaire à sa fabrication. «De ce fait, le verre présente une empreinte carbone plus élevée », indique le porte-parole de Coca-Cola dans The Telegraph. En industrie agroalimentaire, le verre présente aussi un risque plus élevé en matière d'introduction de corps étrangers ainsi que de sécurité sur les lignes (coupures, etc.). C'est d'ailleurs, en partie, ce qui lui avait valu d'être évincé de lignes de conditionnement, comme celle des yaourts par exemple, au profit des pots en plastique.

Ce à quoi, la fédération britannique du verre a rétorqué que la quantité d’énergie utilisée pour produire une tonne de verre a été divisée par deux en 40 ans. Et qu’à l’avenir, si le verre est produit en utilisant des énergies renouvelables et du verre déjà utilisé, son bilan énergétique ne pourra être remis en cause. Par ailleurs, l’association réaffirme les qualités environnementales du verre : son recyclage est simple (il suffit de le fondre pour reformer des bouteilles), sa qualité ne se détériore pas, 70 % du verre fabriqué en Grande-Bretagne est recyclé (et même 95 % dans d’autres pays d’Europe).

Décarbonisation de la production de verre

« Nous sommes plus que résolus à optimiser notre modèle d’économie circulaire. L'industrie investit 610 millions d'euros chaque année dans la décarbonisation, l'efficacité énergétique et la modernisation de ses 160 usines dans l'Union européenne, précise à Process Alimentaire Michael Delle Selve, senior communications manager de la Feve. Le verre est un matériau durable recyclable à l'infini. Presque tout le verre collecté en Europe est de nouveau transformé en emballage de qualité alimentaire. »

Par ailleurs, l’industrie du verre a réduit de 20 % à 50 % le poids de ses solutions d’emballages en vingt ans. « Avec l’avantage d’être une industrie locale proche des propriétaires de marques, des détaillants et des consommateurs finaux (moins de 300 km) », ajoute-t-il.

L'intérêt environnemental de la consigne et de la réutilisation

Pour mettre tout le monde d’accord, le compromis pourrait finalement venir … de la consigne. L’étude menée récemment par l’Ademe sur le sujet souligne, en effet, les bénéfices environnementaux et économiques de la réutilisation des emballages consignés (lavage et réutilisation) par rapport au système actuel de bouteilles à usage unique. Sur tous les indicateurs environnementaux (impact climatique, consommation en eau, consommation d’énergie primaire) et pour tous les dispositifs étudiés, le système avec consigne présente une performance environnementale supérieure ou équivalente au système sans consigne. Pour certains dispositifs, la consigne coûte même deux fois moins cher qu’un système de bouteilles à usage unique.