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Huiles minérales : Leclerc détaille son plan d'actions

Karine Ermenier |  4 Novembre 2016 | 

"Courant novembre 2016, les fournisseurs de marques nationales se verront notifier la décision officielle de l'enseigne E.Leclerc de ne plus proposer de références dont les emballages sont sensibles aux migrations des huiles minérales", prévient Michel-Edouard Leclerc.

Quelques semaines après avoir annoncé sur son blog sa volonté de supprimer les emballages pouvant contenir des hydrocarbures d'huiles minérales aromatiques (MOAH) de ses gammes de produits à marques de distributeur, Michel-Edouard Leclerc, dirigeant du groupe de distribution éponyme, précise le plan d'actions mené par ses équipes.

"Après le constat, et après en avoir débattu avec les équipes en charge de la qualité et les acheteurs, le groupement E.Leclerc et ses sociétés commerciales ont décidé d'un plan d'action. Je l'ai communiqué cette semaine à Madame Jacquemart, la présidente de l'association Foodwatch", indique Michel-Edouard Leclerc. Rappelons les objectifs de l'enseigne : interdire la présence dans ses produits à marque propre (Marque Repère, Eco +, Nos Régions ont du Talent, BioVillage,etc.) d'hydrocarbures d'huiles minérales aromatiques (MOAH), potentiellement les plus dangereuses, et limiter la présence d'hydrocarbures saturés (MOSH) à 2mg/kg d'aliment. "Toutes les références Scamark de produits susceptibles de présenter un risque de migration seront remplacées au cours du 1er semestre 2017", s'engage Michel-Edouard Leclerc.

Plan d'actions à marques de distributeurs (MDD)

Fin 2015, la Scamark, qui met en marché les MDD de l'enseigne, avait mené une étude d'analyse de risques suite à l'interpellation de Foodwatch. L'étude avait fait ressortir 58 références potentiellement concernées par la problématique des emballages présentant de risques de migration.

Après analyse, 11 références ne présentaient finalement pas de risques de migration puisqu'elles disposaient d'un effet barrière (couche aluminium interne). Sur les 47 restantes :

- 23 références ont d'ores et déjà été passées en carton vierge

- 4 références ont été supprimées (pour des motifs commerciaux)

- 20 restent à traiter : pour 14 références, suite à la rencontre avec Foodwatch, la SCAMARK a négocié avec les emballeurs un programme de substitution avec une date limite de processus qui aboutira au plus tard en juin 2017. Parmi eux, tous les légumes secs seront passés en carton vierge dès le 1er trimestre 2017. Tandis que six références (pizzas, gambas et crevettes surgelées) ont été testées et l'analyse a montré qu'il n'y avait pas de traces d'huiles sur les aliments (du fait de la congélation). Mais tous les cahiers des charges des emballeurs concernant les futures productions de la Scamark intègreront désormais ces nouvelles exigences.

En parallèle à ces actions, la Scamark a ouvert un chantier avec les emballeurs pour rechercher de nouveaux modes d'emballages, et mieux valoriser, dans le recyclage, les encres compatibles avec ces exigences sanitaires.

Les marques nationales également concernées

Le Galec, coopérative de négociation commerciale et de référencement des produits vendus dans les magasins, va aussi faire évoluer son cahier des charges destiné aux marques nationales. Ces nouvelles contraintes vont s'imposer à certains fournisseurs de céréales et autres produits secs. 200 seraient concernés. Ils devront prohiber de leurs assortiments les emballages pouvant contaminer les aliments par des MOAH et/ou dépassant des seuils de MOSH supérieurs à 2 mg/kg. Ces mesures, fortement recommandées, devront être totalement appliquées à compter de la campagne de négociation commerciale 2017-2018.

L'Ania appelle à la réflexion collective

De son côté, l'Ania (Association Nationale des Industries Agroalimentaires), consciente de l'enjeu, se montre toutefois moins alarmiste et invite à ne pas se précipiter. Comme l'a indiqué un porte-parole à Process Alimentaire : " Rappelons que les emballages actuels respectent les différentes réglementations françaises et européennes. Une interrogation fondée demeure évidemment légitime lorsqu’il s’agit de la sécurité des consommateurs. La priorité des entreprises agroalimentaires en France est de proposer des produits sûrs aux consommateurs. Mais il est nécessaire de distinguer une interrogation légitime d’une alerte pouvant renforcer le climat anxiogène autour de notre alimentation. Rappelons que la France est considérée comme le 2ème pays en termes de qualité et de sécurité des aliments au niveau mondial. L’Ania reste ouverte au dialogue et à l’écoute de toute nouvelle information scientifique pouvant éclairer le débat. Au-delà des annonces médiatiques, l’enjeu de recherche et de prévention doit s’inscrire dans une réflexion collective pour réévaluer la réalité des risques potentiels et aboutir à l’identification d’actions réelles de prévention."

Plan d'actions de Lidl sur le sujet

Découvrez également le plan d'actions de l'enseigne Lidl dans Process Alimentaire de novembre 2016. L'enseigne allemande s'est aussi engagée à supprimer les MOAH de ses emballages et à limiter la présence de MOSH à 2mg/kg d'aliment. L'article aborde également les questions techniques que soulève cette chasse aux MOSH et MOAH, à savoir : quelles méthodes d'analyse utiliser ? faut-il bannir les cartons recyclés ? etc.


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