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Suspension du décret sanitaire sur le bisphénol A

Karine Ermenier |  5 Mai 2014 | 

Les industriels n'étant pas encore passés sur des conserves sans bisphénol A n'auront probablement pas à afficher un message sanitaire sur leurs emballages d'ici janvier 2015.

L’interdiction du bisphénol A (BPA) dans les conditionnements entrant en contact direct avec des denrées alimentaires sera effective au 1er janvier 2015 en France. D’ici là, les autorités françaises avaient prévu d'imposer aux industriels d'avertir sur leurs emballages les populations à risque (femmes enceintes notamment) de la présence possible de BPA dans les emballages (boîtes de conserve, canettes, etc.). Un projet de décret sanitaire avait même été notifié en 2013 à la Commission Européenne. Mais à ce jour, le décret n’a toujours pas été publié. Interrogée par Process Alimentaire sur ce sujet, la DGCCRF confirme que « suite aux avis circonstanciés de plusieurs Etats membres et de la Commission émis en 2013, le projet a été suspendu. Il n’est pas prévu de date de publication à ce jour. »

La DGCCRF travaille actuellement sur un état des lieux des substituts au BPA en vue du rapport que le gouvernement doit remettre au Parlement avant juillet 2014, comme la loi le prévoit. Selon le SNFBM (le syndicat national des fabricants de boîtes métal), des substituts auraient été trouvés dans 90 % des cas. Reste à trouver des solutions néanmoins, pour les produits acides et salés.

Bisphénols bio-sourcés ou substituts d'origine végétale

Tous les jours, les recherches avancent dans ce domaine. Récemment, des chercheurs de l’Inra et d’AgroParisTech ont, par exemple, mis au point une méthode bio-catalysée pour fabriquer à partir de biomasse végétale une gamme de molécules pouvant être proposées en substitution au bisphénol A. Ces nouvelles molécules de bisphénols bio-sourcés, utilisables dans les emballages, présentent, d’après l’Inra, une excellente stabilité thermique à 250°C. « Elles peuvent être utilisées comme anti-oxydant, anti-radicalaire et/ou comme plastifiant biosourcés et ne présentent pas d’activité de nature à perturber le fonctionnement endocrinien », avance-t-on à AgroParisTech. Dans la même veine, le projet européen Biocopac, mené depuis un laboratoire italien à Parme par une équipe d’industriels et de scientifiques de six pays européens, travaille sur le remplacement des laques et résines synthétiques présentes dans les boîtes de conserves (et pouvant contenir du BPA) par une autre substance : la coutine, qui se trouve dans la peau de tomate.

Retrouvez l’article complet sur la substitution du BPA et ses conséquences pour l’agroalimentaire français dans le magazine Process Alimentaire de mai 2014 à paraître le 12 mai.