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Négociations commerciales : des accords encore dans l'impasse

K.E. |  6 Mars 2017 | 

L'Ania s'est fendu d'un communiqué de presse le vendredi 3 mars dernier pour dénoncer des accords qui, pour certaines entreprises agroalimentaires, n'étaient pas encore signés avec la grande distribution le 1er mars à minuit. Date butoir pourtant fixée par la loi. Le motif majeur de cette impasse invoqué par l'Ania est « la non prise en compte des réalités économiques des entreprises ». Comprendre que certaines centrales d'achat refusent de tenir compte de l'inflation des matières premières agricoles et, pire, en appellent à des baisses de tarifs « déconnectées de toute réalité ». « A aujourd’hui, de nombreux fournisseurs n’ont toujours pas trouvé d’accord avec certaines centrales d’achats, alerte Jean-Philippe Girard. La demande de baisse de tarif reste générale, excessive et déconnectée de la réalité économique du secteur. La recherche obstinée et systématique du prix le plus bas dévoie la nature de la relation commerciale. » Avant d'ajouter : « Malgré les déclarations de bonnes intentions sous forme de charte non appliquée, malgré la multiplication des assignations et des condamnations par les pouvoirs publics, les comportements abusifs des centrales d’achats et des enseignes persistent. » L'Ania publiera un rapport plus complet sur les négociations commerciales et les comportements abusifs d'ici le 10 mars.

Lors d'une réunion du comité de suivi des relations commerciales organisée en présence de Stéphane Le Foll le 9 février dernier, Jean-Philippe Girard en avait pourtant profité pour rappeler certaines réalités chiffrées. Parmi lesquelles, le fait que les prix à la consommation sont en déflation depuis 39 mois consécutifs dans le secteur, pour atteindre près de - 4% au total (- 1,1 % sur l'année 2016 et sur le mois de janvier 2017). Alors même que les le prix des matières premières alimentaires ont augmenté de 12% en glissement annuel de décembre 2015 à décembre 2016 : + 16 % sur le blé tendre, + 30 % sur le lait, + 56 % sur le beurre, + 22 % sur le colza, + 50 % sur le saumon fumé, + 50 % sur l'orange, + 30 % sur le sucre, etc.