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Poudre de lait infantile : Laïta lance sa nouvelle tour de séchage

Pierre Christen |  4 Décembre 2017 | 

La coopérative Laïta a inauguré vendredi 1er décembre sa nouvelle unité de lait infantile et de poudre de lait prémium à Créhen (22). Le fruit d’un investissement massif de 80 millions d’euros, du jamais vu pour cette entreprise créée en 2009, suite à l'unification des activités laitières d’Even, Triskalia et Terrena.

L’inauguration a réuni plus de 500 invités, en présence de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, mais aussi de nombreux industriels de l’agroalimentaire et fournisseurs du secteur.


Les deux outils principaux de la nouvelle unité sont une tour de séchage d’une capacité de production de 30 000 tonnes de poudre par an et un atelier de boîtage de 15 000 tonnes par an (boîtes de 400 et 900 g). «Nous voulons maîtriser la valeur ajoutée le plus loin possible jusqu’au consommateur final », souligne Christian Couilleau, dg d’Even, majoritaire dans Laïta, et qui a porté le projet alors qu’il était dg de Laïta. Cette tour de séchage est mixte : poudre de lait prémium et poudre de lait infantile. L’outil va monter en charge progressivement, la fin de la phase de qualification devant intervenir pour le 2ème trimestre 2018. «Nous nous intéressons à la protéine, parce que nous sommes un grand beurrier et que nous collectons du lait entier auprès de nos adhérents. C’est pourquoi la recherche de valeur ajoutée est essentielle sur le lait écrémé », explique-t-il.

Un marché de la protéine, qui vit des heures délicates. « Le marché est très dégradé, confirme Guy Le Bars, président de Laïta. Pendant deux ans, la production a dépassé la consommation, et nous avons 380 000 tonnes de stocks en Europe. La consommation mondiale a progressé de 15 -20 % sur les dix premiers mois 2017. Cela ne sera pas suffisant pour résorber la totalité des stocks, mais cette tendance est rassurante. Il faut regarder aussi de près le prix du baril de pétrole, qui est un peu remonté, et auquel les cours des protéines sont très corrélés ». Il poursuit : "notre volonté est de nous mettre à l’abri pour trouver les marchés porteurs et aller vers la montée en gamme, nous démarquer du tout-venant, même si nous avons conscience que cela prendra plusieurs années ». Le premier client pour le lait infantile sera la filiale Régilait sous sa marque France Lait au Moyen-Orient et en Afrique, et de nouveaux prospects sont à l'ordre du jour. La démarche pour l’obtention de l’agrément d’exportation vers la Chine est aussi initiée. Pour le lait premium, Laïta possède déjà une activité tournée vers les grands industriels de la chocolaterie. « Avec cet outil, nous anticipons leurs besoins futurs», souligne Christian Griner, dg de Laïta.

La nouvelle tour de séchage de 49 mètres de haut domine l'usine Laïta de Créhen (22). Elle est dédiée aux poudres de lait infantile et poudres de lait premium.


Sur le montant total de l’investissement, 20 millions d’euros ont été injectés dans les périphériques, en particulier dans l’unité de déminéralisation sur le site de Landerneau et dans l’implantation d’un laboratoire à Créhen. Celui-ci réalisera 1500 analyses par jour. Car pour monter d’un cran vers la valeur ajoutée, Laïta a mis l’accent sur les exigences en termes de qualité, de conception hygiénique et de sécurité microbiologique. « Nous sommes capables de répondre aux cahiers des charges les plus exigeants», souligne Christian Griner.

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