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Ça bouge dans la stevia !

Amélie Dereuder |  20 Mars 2017 | 

Au niveau réglementaire, les glycosides de stéviol sont autorisés depuis mi-mars dans certaines confiseries à valeur énergétique réduite. Crédit photo Fotolia © Swapan

Le secteur de la stévia est en pleine ébullition au mois de mars. PureCircle (actuellement en joint-venture avec Tereos en France) a terminé la nouvelle extension entièrement automatisée de son site d'extraction de stévia à Enstek, en Malaisie. Cet investissement de 39 millions d'euros va permettre au groupe de doubler sa capacité de production et de mettre l'accent sur des procédés plus efficaces. Une ligne dédiée aux ingrédients les plus récents, comme les mélanges à base de rébaudioside M et D de la gamme Zeta (lire janvier 2017, p57), est aussi prévue. L'usine emploiera près de 600 personnes. L'été dernier, le groupe avait déjà annoncé un investissement de 91 millions d'euros pour cultiver la stévia dans une quinzaine d'autres pays que la Chine pour assurer les approvisionnements.

De son côté, ADM a élargi son portefeuille d'édulcorants intenses avec une référence SweetRight à la stévia grâce à son partenariat avec le canadien GLG Life Tech. Le groupe commercialisait déjà du sucralose et a aussi référencé un édulcorant au Monkfruit (non autorisé en France), également avec GLG. Cette société a notamment développé des variétés non OGM de stévia contenant 10 fois plus de rébaudioside M.

Tate&Lyle s'est quant à lui associé au fabricant américain Sweet Green Fields pour distribuer au niveau mondial ses ingrédients à base de stévia à partir du 3 avril. La société propose par exemple des mélanges de glycosides de stéviol, ainsi que des références certifiées sans OGM ou bio. Tate&Lyle continue également de commercialiser sa propre stevia sous la marque Tasteva.

La filière se développe en France

Enfin en France, la filière continue de se mettre en place. Des spécialistes comme Stevia Natura (en partenariat avec Stevia Internacional Europe) à Riom (63) sont déjà présents dans l'hexagone, et les zones de cultures commencent à s'étendre. Proviasud, start-up située à Lunel (34), est spécialisée dans la formulation avec des extraits de stévia. Elle est en train de monter une filière 100 % française avec des plantes cultivées dans le Sud. De son côté, Oviatis, à Lacaussade (47), a quant à elle réussi à se fournir en stévia bio origine Aquitaine pour faire ses extraits avec l'aide de l'Inra et d'Invénio. Les experts agronomes de ces deux partenaires ont permis de développer des variétés adaptées au Sud-Ouest de la France et la société espère que 80 ha seront produites d'ici 2020. Oviatis a aussi développé avec Rouages, IFTS et Fauquet des procédés spécifiques. Une purification sans solvant chimique a par exemple été mise au point. Pour développer le nouveau pilote industriel et lancer les premières productions, la société vient de lancer une campagne de crowfounding sur la plateforme de financement participatif Happy Capital.

La législation évolue sur les utilisations

Au niveau réglementaire, les glycosides de stéviol sont autorisés depuis mi-mars dans certaines confiseries à valeur énergétique réduite. Cela peut concerner les confiseries dures (bonbons et sucettes), les confiseries tendres (bonbons à mâcher, gommes aux fruits et produits à base de guimauve/marshmallows), la réglisse, le nougat et le massepain (max 350 mg/kg), ainsi que les pastilles rafraîchissantes pour la gorge fortement aromatisées (max 670 mg/kg) et les micro-confiseries destinées à rafraîchir l'haleine (max 2 000 mg/kg). Fin 2016, la législation avait aussi évolué en Europe pour autoriser le rébaudioside M dans la liste des glycosides autorisés et la teneur minimum de 75 % de stévioside/rébaudioside A a été supprimée.