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Huile de palme, Nestlé évincé de la RSPO

Amélie Dereuder |  3 Juillet 2018 | 

Le fruit du palmier à huile sert à fabriquer de l’huile de palme et ses dérivés. La RSPO certifie que les ingrédients sont issus de techniques de plantation durable. L’organisme vient de suspendre un de ses membres, Nestlé, car celui-ci ne respectait pas certains engagements d’amélioration continue. Crédit photo © t4nkyong

Il y a de l’eau dans le gaz entre l’organisme de certification d’huile de palme RSPO et le géant de l’agroalimentaire Nestlé. Le 27 juin, l’association a annoncé la suspension de l’adhésion du groupe suisse et de ses filiales car ce dernier n’a pas rendu son rapport annuel de progrès (ACOP) pour 2016 et n’a pas proposé de projets d’amélioration. La RSPO insiste aussi sur le fait que Nestlé n’a pas payé sa cotisation de 2 000 €.

Cette suspension a trois impacts : le groupe n’a plus le droit de vote aux assemblées, il ne peut plus faire partie des groupes de travail (la RSPO est actuellement en train de revoir ses critères de certification, un chantier qui devrait voir le jour en fin d’année) et Nestlé ne peut plus communiquer sur son huile de palme certifiée RSPO. L’entreprise a jusqu’au 20 juillet pour se mettre en conformité ou son adhésion sera annulée.

La RSPO, "un outil mais pas le seul"

Le lendemain de cette annonce, Nestlé a publié sa réponse en rappelant que sa politique de sourcing durable est plus exigeante que celle de la RSPO. « Nous avons toujours vu la certification RSPO comme un outil pour atteindre notre objectif d’un approvisionnement d’huile de palme 100 % responsable d’ici 2020, mais pas comme le seul moyen », précise Benjamin Ware, responsable de l’approvisionnement durable chez Nestlé.

Concernant le plan d’action demandé par l’organisation, il s’agit surtout d’actions en lien avec la RSPO ou d’achat d’huile certifiée RSPO. Le projet envoyé par le groupe suisse ne correspondait apparemment pas aux attentes de l’organisme. « Comme le but de Nestlé n’est pas d’atteindre un approvisionnement 100 % certifié RSPO, l’association nous a demandé de retirer notre réponse et de soumettre que nous n’avions pas de plans d’action. Nous respectons que la RSPO ne prenne en considération que les projets qui s’orientent sur une certification totale, mais nous pensons que cette approche n’est pas propice au grand changement dont la filière a besoin », ajoute Benjamin Ware.

Le responsable de l’approvisionnement durable du groupe suisse souligne aussi des différences de point de vue sur la façon de faire évoluer la filière : « Nous croyons à la transformation du secteur par des actions d’intervention plutôt que de se reposer sur des audits ou des certificats ». En attendant, Nestlé prévoit de continuer d’échanger jusque fin juillet avec la RSPO dans l’optique d’être réintégré dans la table ronde.