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L'Anses remet en cause les aliments enrichis en phytostérols

Amélie Dereuder |  15 Juillet 2014 | 

Dans son dernier avis, l'Anses pointe que la relation entre consommation de phytostérols et baisse des maladies cardiovasculaires n'a pas été prouvée. crédit photo © fotonen - fotolia

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a saisi l’Anses pour évaluer le risque et le bénéfice liés à la consommation de produits alimentaires enrichis en phytostérols et phytostanols*, réputés réduire le cholestérol.

Les aliments qui sont enrichis en ces composés sont principalement les margarines, les produits laitiers frais et les sauces condimentaires. Ils représentent 4% de leurs parts de marché respectives et peuvent prétendre à une allégation ( lire l'avis scientifique de l'Efsa publié en 2010 ) « diminuent le cholestérol sanguin » et « diminuer le cholestérol sanguin peut réduire le risque de maladies cardiovasculaires ». Pourtant, l'Agence française prend le contre-pied de son homologue européenne et pointe dans son avis du 6 juin 2014 que les phytostérols n'ont pas démontré d'effet bénéfique sur la santé cardiovasculaire.

L'Agence ne remet pas en question l'effet positif des phytostérols sur la cholestérolémie totale (réduction moyenne d’environ 10 %) ni sur la teneur en LDL-Cholestérol circulant, mais émet quelques réserves. Sur le site de l'Anses, on peut lire : « Chez environ 30 % des sujets la consommation d’aliments enrichis en phytostérols n’induit pas de baisse de LDL-Cholestérol (mauvais cholestérol). La consommation d’aliments enrichis en phytostérols entraîne par ailleurs une augmentation des concentrations plasmatiques en phytostérols dont les conséquences sur le risque cardiovasculaire ne sont pas connues. De plus, une baisse de la concentration plasmatique en β-carotène est également observée suite à la consommation de phytostérols, ce qui est susceptible d’augmenter le risque cardiovasculaire. »

L'Anses précise également que la relation entre consommation de phytostérols (ou d'aliments enrichis en phytostérols) et baisse des maladies cardiovasculaires n'a pas été prouvée. Elle ajoute aussi que ces maladies sont multifactorielles et que « la diminution d’un seul facteur de risque n’entraîne pas nécessairement la diminution du risque de maladie. »

L’Agence estime que les aliments enrichis en phytostérols ne sont pas un moyen approprié de prévention des maladies cardiovasculaires et recommande aux personnes soucieuses de leur cholestérolémie de consulter un professionnel de santé qui indiquera les mesures hygiéno-diététiques plus adaptées.

*Ces deux composés ont des structures proches du cholestérol et limitent son absorption en entrant en compétition au niveau intestinal.