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Le bio séduit davantage de jeunes

Amélie Dereuder |  25 Février 2019 | 

D’après le baromètre de l’Agence Bio, 27% des jeunes de 18 à 24 ans ont l’intention d’augmenter leur consommation de produits bio dans les six prochains mois. Credit photo Adobe pressmaster

Avec la généralisation du bio, les comportements alimentaires évoluent. L’an dernier, 57 % des Français ont modifié leurs habitudes de consommation. Afin de décortiquer les attentes, l’Agence Bio a réalisé un baromètre sur la consommation et la perception des produits biologiques en France.

Le bio et les jeunes

2018 a enregistré une forte progression de la part des nouveaux consommateurs réguliers, c’est-à-dire des personnes qui consomment au moins une fois par mois des produits alimentaires biologiques depuis moins d’un an : +17 % versus 9 % en 2017. 27 % de ces nouveaux venus sont des jeunes de moins de 25 ans.

D’après le baromètre, 27 % des jeunes de 18 à 24 ans ont l’intention d’augmenter leur consommation dans les six prochains mois. Pour cette tranche d’âge, 47 % considèrent normal de payer plus cher un produit alimentaire bio qu’un produit qui ne l’est pas. Comme le constate l’Agence Bio, « cette fracture générationnelle est nette et dit peut-être beaucoup sur une génération plus attachée au pouvoir de vivre au sens large qu’au pouvoir d’achat au sens strict ».

Les motivations évoluent également. Pour la majorité des consommateurs bio, la première motivation est la santé (69 %). Chez les 18-24 ans, cela reste le premier critère, mais il ne représente que 62 % des réponses. Les jeunes s’intéressent plus au développement durable : 37 % choisissent le bio pour le bien-être animal (versus 28 % pour l’ensemble de la population) et 32 % mangent des produits certifiés pour des raisons éthiques ou sociales (versus 25 %). Ils s’intéressent aussi plus à l’environnement (60 % contre 56 % au global) mais moins à la qualité et au goût (48 % contre 58 % dans la population française).

Toutefois, les jeunes ne sont pas les plus gros consommateurs de bio, la première raison citée étant toujours le prix (84 %) mais aussi le manque de réflexe (53 %).

Le baromètre insiste aussi sur le fait que les jeunes ont davantage confiance envers les produits bio, y compris vendus en grandes surfaces, et les informations fournies. Cette tranche d’âge va aussi plus faire ses courses sur Internet 14 % des 18-24 ans et 12 % des 25-34 ans achètent via le drive et 20% des moins de 35 ans via des sites marchands.

Les autres enseignements du baromètre

En 2018, l’évolution de la consommation des produits issus de l’agriculture biologique est marquée à la fois par une stagnation de la consommation régulière (71 % au moins une fois par mois) et un recul de la consommation journalière (12 % contre 16 % en 2017).

Après trois années consécutives de hausse significative de la part du budget consacrée aux produits alimentaires biologiques, les résultats se stabilisent : plus de la moitié des acheteurs (54 %) déclare avoir un budget stable au cours des douze derniers mois.

84 % des consommateurs estiment que les produits bio sont trop chers et 62 % doutent que le produit soit totalement bio, la défiance envers l’agroalimentaire impactant aussi ce marché.

Ces résultats sont un peu mitigés après les excellentes années précédentes. Ils sont aussi peut-être dus à un biais : les entretiens ont été menés du 23 novembre au 7 décembre 2018, au début du mouvement social des gilets jaunes. « Face à la morosité des Français, certains résultats doivent être pris avec précaution, car ils ont pu être sous ou sur-déclarés », tempère l’Agence Bio.

Pour aller plus loin : Les sept types de consommateurs en France

Menée sur 2000 participants en fin d’année dernière, le baromètre a aussi révélé sept types de comportements chez les consommateurs français, acheteurs ou non de bio :

  • Les jeunes citadins peu attachés : 11 % de la population française surtout représentés par les cibles les plus jeunes, 18-24 ans (16 %) et 25-34 ans (22 %), qui n’ont pas le réflexe de consommer bio.

  • Les célibataires économes (15 %) : non-consommateurs ni acheteurs, contrôlant leur budget.

  • Les convaincus de la première heure (14 %) : sur-représenté par les 50 ans et plus, avec des traditions familiales, bien ancrées.

  • Les jeunes familles converties : 14 % de la population française dont 16 % de 18-24 ans, et 22 % de 25-34 ans avec de jeunes enfants au foyer, ceux portant une attention particulière sur le budget, et les consommateurs récemment convertis au bio.

  • Les peu confiants (13 %) : avec une majorité de non-consommateurs. Et parmi les consommateurs bio, une sur-représentation des nouveaux entrants.

  • Les exigeants connectés (14 %) : plutôt épicuriens qui apprécient la cuisine et les valeurs traditionnelles culinaires.

  • Les bio citoyens ambassadeurs (19 %) : avec une sur-représentation des plus âgés, qui sont convaincus depuis des années et qui peuvent avoir des difficultés à trouver l’offre correspondant à leurs besoins.