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Nutri’Earth transforme les insectes en aliments santé

Amélie Dereuder |  27 Mai 2019 | 

La start-up Nutri’Earth a développé une farine d’insectes riches en protéines, en vitamines et minéraux. Selon Thomas Dormigny, co-fondateur de la société, elle permet de lutter contre l’ostéoporose ou la dénutrition de la personne âgée.

Dans le domaine des insectes comestibles, la commercialisation d'un aliment en nutrition humaine reste suspendue à une éventuelle autorisation Novel Foods. Ce qui n’empêche pas les sociétés d’innover. La start-up française Nutri’Earth a choisi de transformer le ténébrion meunier en ingrédient santé. Les arthropodes sont enrichis en nutriments via leur alimentation et un process de transformation breveté, ce qui permet d’augmenter et de standardiser les teneurs en vitamines et en minéraux. « Nous utilisons le ténébrion meunier comme bio-accumulateur de nutriments. Cela nous permet de produire une farine avec 67,5 % de protéines, riche en vitamine D3 et en calcium, ce qui est très intéressant pour lutter contre l’ostéoporose et la dénutrition des personnes âgées », explique Thomas Dormigny, qui a co-fondé la société en 2017.

L'ingrédient sous forme de poudre peut s’employer dans des compléments alimentaires ou directement pour l’enrichissement de plats dans les instituts de santé type Ehpad. « Jusqu’à 10 %, on ne relève aucun impact sur le goût, l’odeur ou la texture. De notre côté, nous préconisons un ajout de 5 % dans plusieurs aliments, ce qui permet d’apporter suffisamment de nutriments à différents moments de la journée », ajoute Thomas Dormigny.

Des consommateurs peu réfractaires

Les insectes n’étant pas un aliment habituel en Europe, l’entreprise installée à Lomme (59) a également mené une étude d’acceptation auprès des seniors et dans les cuisines collectives. Résultat, les personnes âgées sont moins réfractaires à consommer ce type d’ingrédients que leurs accompagnants plus jeunes. Les résidents y voient notamment l’opportunité d’éviter une surmédication grâce à l’enrichissement de leurs plats.

En attendant de pouvoir proposer cet ingrédient en France, Nutri’Earth vient de boucler une levée de fonds d’un million d'euros, ce qui lui permet d’ouvrir une usine pilote en juin puis de lancer la commercialisation fin 2019 en Suisse. Avantage de ce pays, les insectes ne doivent pas passer par une autorisation Novel Foods.