Process Alimentaire / Ingrédients / Soja durable : les entreprises françaises ont des efforts à mener, selon WWF

Ingrédients

Soja durable : les entreprises françaises ont des efforts à mener, selon WWF

Amélie Dereuder |  9 Juin 2016 | 

L'organisation WWF a publié une fiche d’évaluation sur les approvisionnements en soja durable pour 133 entreprises européennes. La France est loin d'être en tête des entreprises vertueuses, mais quelques industriels s'en sortent bien.

L'organisation WWF a publié une fiche d’évaluation sur les approvisionnements en soja durable pour 133 entreprises européennes. Sandra Mulder, en charge du programme de Transformation des Marchés au WWF Pays-Bas, constate : « La plupart des Européens ne savent pas qu’ils mangent, en moyenne, 61 kg de soja par an, principalement indirectement à travers la viande et les produits laitiers qu’ils consomment. Ils ne réalisent pas non plus les impacts que cela induit sur les écosystèmes en Amérique du Sud. » La principale cause de l’expansion du soja demeure en effet la consommation de viande. Au niveau mondial, près de 75% du soja est utilisé pour l’alimentation animale. En Europe, cette proportion est encore plus grande, elle est estimée à 93%. Elle ajoute : « il est clair que de nombreuses entreprises s’appuient sur le fait que les consommateurs n’ont pas conscience des impacts du soja sur l’environnement pour ne rien changer à leurs pratiques. Sur 133 sociétés approchées, 69, soit près de la moitié, ont ainsi choisi de ne pas répondre à l’appel de transparence du WWF pour cette édition ».

La France est loin d'être en tête des entreprises vertueuses, mais quelques industriels s'en sortent bien. Au niveau des distributeurs, Carrefour, Système U ont une mention « vient de commencer le voyage », alors qu'Auchan, Casino, Leclerc et Intermarché n'ont pas répondu. Côté industriel, Bel se distingue avec 70 % de soja durable et une mention « ouvre la route » qui met à l'honneur son avance sur le sujet. Le groupe Unilever apparaît quant à lui en bonne voie et Danone, Lactalis, Cooperl, Avril sont un peu plus en retard. Nestlé, Savencia (Bongrain), Sodiaal, Doux, LCD, Moy Park, Terrena-Gastronome, Triskalia, In Vivo et Le Gouessant n'ont apparemment pas donné suite. « Les grandes entreprises françaises ont un rôle à jouer pour réduire les pressions exercées sur les écosystèmes. Certaines d’entre elles ont d’ores et déjà pris leur responsabilité et s’engagent dans des initiatives soja que nous saluons. Mais il faut, à présent que l’ensemble du secteur se joigne à la transformation du marché vers des pratiques plus durables. Nous appelons ainsi toutes les entreprises à prendre la mesure de la situation et à agir le plus rapidement possible » conclut Pascal Canfin, directeur général de WWF France.

A noter qu'il existe des initiatives pour une culture de soja plus durable. Depuis 2006, le moratoire sur le soja au Brésil a réduit la déforestation causée par le soja en Amazonie de manière significative alors que la production amazonienne doublait sur des surfaces d’ores et déjà déforestées. Au niveau des labels, il existe le Round Table on Responsible Soy (RTRS) qui regroupe 180 membres et Pro Terra, qui certifie le soja durable et non-OGM. Au niveau international, les trois-quarts du soja est OGM.