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Un nouvel outil pour évaluer la sécurité des enzymes

Amélie Dereuder |  15 Mai 2017 | 

L’Efsa vient de mettre au point un outil pour mesurer l’exposition des consommateurs aux enzymes alimentaires, afin de mieux évaluer leur sécurité. La méthode sera utilisée sur les 300 dossiers de demandes d’autorisation en cours. Crédit photo Fotolia © Sergey Yarochkin

Suite à la législation (CE n° 1332/2008) pour harmoniser l’utilisation des enzymes dans l'Union européenne, l’Efsa vient de mettre au point un outil pour mesurer l’exposition des consommateurs aux enzymes alimentaires. Cette méthode va servir à mieux évaluer leur sécurité. « En harmonisant tant les niveaux d'utilisation des enzymes alimentaires que les données sur la consommation alimentaire, nous pouvons estimer l'exposition des consommateurs à ces substances beaucoup plus précisément qu'auparavant », explique Karl-Heinz Engel, président du groupe de travail sur les enzymes alimentaires à l’Efsa. L'outil prend en compte des facteurs de conversion techniques et permet de combiner les données de consommation alimentaire avec les niveaux d'utilisation des enzymes dans les produits. Le niveau de transfert de ces enzymes dans les aliments est aussi pris en compte.

Historiquement, les enzymes sont considérées non toxiques et ne représentant pas de problème de sécurité pour les consommateurs car elles sont naturellement présentes dans des ingrédients utilisés pour produire des aliments. Néanmoins, l'apparition de méthodes de production plus performantes et l’utilisation de nouvelles sources d’enzymes (dont OGM) ont conduit à l’utilisation d’enzymes plus complexes, dont l'innocuité a besoin d'être validée.

Une méthode appliquées aux nouvelles enzymes

Cette méthode va être utilisée sur les 300 dossiers de demandes d’autorisation en cours. Elle a déjà été testée sur quelques enzymes, notamment la β-amylase issue d’orge, de blé et de soja ainsi que sur l’endo-1,4- β-xylanase obtenue par une souche d’Aspergillus niger génétiquement modifiée. Les avis scientifiques sur la sécurité de ces enzymes sont d’ailleurs parus le 10 mai, simultanément à l’annonce de ce nouvel outil.

La réglementation concerne les enzymes alimentaires produites de façon industrielle, qu’elles soient extraites de tissus végétaux ou animaux, ou produites par fermentation de micro-organismes. La législation européenne de 2008 ne porte pas sur les enzymes utilisées à des fins nutritionnelles ou digestives, ou celles destinées à la production d’additifs alimentaires. En outre, les cultures microbiennes traditionnellement utilisées dans la production d’aliments (fromages, vins) qui peuvent accessoirement produire des enzymes, mais qui ne sont pas spécifiquement utilisées à cette fin, ne sont pas considérées comme des enzymes alimentaires.

Une harmonisation de la législation européenne

Avant 2009, seuls la France et le Danemark disposaient d’une réglementation sur l’évaluation de la sécurité des enzymes utilisées en tant qu’auxiliaires technologiques. Le but est donc d’uniformiser la législation dans l’Union Européenne, ce que fait le règlement CE n° 1332/2008. Une liste des enzymes autorisées doit donc être mise au point une fois que tous les dossiers auront été évalués. En attendant, la réglementation française continue de s'appliquer. La procédure d'autorisation a d'ailleurs été raccourcie de six mois en novembre 2016 (Lire ici).

Depuis 2009, des documents d’orientation ont déjà été publiés pour aider les industriels à monter leur dossier d’autorisation de nouvelles enzymes. En 2014, l’Efsa avait publié une liste supplémentaire des documents à fournir pour la demande d’autorisation de mise sur le marché.