Unilever pourra utiliser une protéine structurante des glaces
Pierre Christen | 27 Avril 2009 |
La décision de la Commission européenne du 22 avril 2009 autorise la mise sur le marché de la protéine structurante de glace (Ice-structuring protein – ISP) de type III HPLC 12, proposée par Unilever, en tant que nouvel ingrédient alimentaire. Cette protéine est un produit de la fermentation d’une souche génétiquement modifiée de levure de boulangerie (Saccharomyces cerevisiae), dans laquelle a été inséré de multiples copies d’un gène codant pour l’ISP. Cette protéine a été isolée chez la loquette d’Amérique (Macrozoarces americanus), qui est un poisson d’eau froide vivant à la côte nord-est de l’Amérique du Nord. La substance protéique est séparée des levures par micro-filtration et concentrée par ultrafiltration. L’ISP rend les glaces alimentaires plus crémeuses. En effet, présentes dans la nature (poissons d’eaux froides, légumes, lichens, etc.), les ISP se lient à la glace et abaisse la température de formation des cristaux tout en réduisant leur taille. Ce qui permet aux organismes de lutter contre le froids en limitant la formation des cristaux de glace ainsi que leur incidence sur l’intégrité cellulaire. Ces mêmes atouts transposés à un produit alimentaire glacé permettent de conserver une texture onctueuse.
La Commission européenne a suivi l’avis adopté le 02 juillet 2008 par le groupe OGM et le 08 juillet par le groupe NDA de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui concluait que l’ISP est sans danger.
Il est indiqué que, sur la base des résultats présentés par Unilever, le risque d’une réaction allergisante chez les individus allergiques au poisson ou la population en général est très peu probable.
Unilever a fourni les détails d’une étude avec gavage sub-chronique (13 semaines) sur les rats, avec l’utilisation d’une dose maximale de protéine structurante de la glace (ISP) type III HPLC 12 de 580 mg par kg de poids corporel par jour. Aucune différence notable n’a été enregistrée entre les groupes test et témoin, et cette dose constitue la dose sans effet nocif observé (NOAEL, no observed adverse effect level). L’activité génotoxique de l’ingrédient a été aussi testée.
De 2003 à 2007, plus de 470 millions de produits glacés comestibles contenant des protéines structurantes de la glace (ISP) ont été vendus aux États-Unis et 47 000 litres de crème glacée contenant des protéines structurantes de la glace (ISP) ont été vendus en Australie et en Nouvelle Zélande. Aucun problème de santé n’a été rapporté.
La décision de la Commission autorise la mise sur le marché de ce nouvel ingrédient à condition de ne pas dépasser la proportion de 0,01 %.
Il convient de noter que les prescriptions d’autorisation et d’étiquetage du règlement 1829/2003 ne s’appliquent pas aux denrées alimentaires, ni aux aliments pour animaux produits par fermentation à l’aide de microorganismes génétiquement modifiés. Nulle déclaration de présence d’OGM n’est à signaler sur les glaces incorporant des ISP.
Le nouvel ingrédient alimentaire autorisé est dénommé «protéine structurante de la glace» sur l’étiquette des denrées alimentaires qui en contiennent.
| En même temps que l’autorisation reçue par Unilever pour l’ISP, la firme NattoPharma a obtenu l’autorisation de mise sur le marché de la vitamine K2 (ménaquinone) issue de Bacillus subtilis natto en tant que nouvel ingrédient alimentaire à utiliser dans les denrées alimentaires destinées à une alimentation particulière et dans les denrées alimentaires auxquelles sont ajoutés des vitamines et des minéraux. |
