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Kermené sécurise son eau chaude sanitaire de STEP

Josselin Moreau |  10 Mars 2010 | 

Installés en complément des quatre pompes à chaleur, les 45 m2 de panneaux solaires permettent d’économiser 15% d’énergie supplémentaires. Source : Process alimentaire

Les abattoirs Kermené de Saint-Jacut-du-Mené dans les Côtes d’Amor (170 000 tonnes de viandes par an) utilisent les calories contenus dans les effluents chauds et l’énergie solaire pour chauffer l’eau sanitaire utilisée sur leur station d’épuration. Déportée à plusieurs centaines de mètres de l’usine et des utilités existantes, la STEP est ainsi autonome vis-à-vis des énergies fossiles. La solution mise en œuvre par EDF Optimal Solutions permet de chauffer jusqu’à 60°C l’eau nécessaire au nettoyage des locaux, des tamis et des centrifugeuses à boues.

230 tonnes de CO2 et 45 000 euros économisés par an

Les quatre pompes à chaleur installés sur la STEP permettent de réchauffer l'eau de 50°C. Source : Process alimentaire

Chaque jour, 1800 m3 d’effluents sont traités par floculation physico-chimique, séparation des boues par centrifugation (10 000 tonnes par an destinées au compostage) et épuration biologique, jusqu’au rejet en milieu naturel. « Notre installation consomme entre 30 et 35 m3 d’eau par jour pour son fonctionnement, que ce soit en chaude sanitaire pour le nettoyage des locaux, des tamis, des centrifugeuses à boues, ou pour la préparation des réactifs », précise Nicolas Jézéquel, directeur industriel de Kermené. Les effluents arrivent entre 25 et 28°C. L’installation de production d’eau chaude a été mise en œuvre entre juillet 2008 et février 2009 en parallèle des circuits existants. Quatre pompes à chaleur (12 kW fonctionnant au R134A) situées en sortie de centrifugeuses permettent d’élever la température de l’eau de 50°C. A l’extérieur, 45 m2 de panneaux solaires viennent en complément pour préchauffer l’eau froide et maintenir en température la cuve tampon. « L’apport solaire représente 15% de l’énergie de l’installation en moyenne sur l’année, précise Eric Hamon, chef de projet Energies chez EDF Optimal Solutions. Une pompe doseuse de régulation permet d’optimiser l’ensemble, en fonction des apports thermiques solaires extérieurs ». Deux résistances électriques de secours ont été installées sur les pompes à chaleur en cas de panne.
Chaque année, Kermené évite l’émission de 230 t de CO2 et économise 45 000 € en coûts d’exploitation. Avec 135 000 € d’investissement total, l’installation est rentabilisée sur trois ans.

D'autres projets de récupération énergétiques en vue

« Cette installation reste de taille modeste. Mais elle prouve qu’il est possible d’avoir des solutions industrielles alternatives utilisant 100% d’énergies renouvelables, et nous donne envie d’aller plus loin, conclut Nicolas Jézéquel. D’ici 2012, Kermené compte mettre en place de nouvelles solutions de récupération énergétique sur d’autres gisements (eaux usées, effluents, fumées, etc.) issus des ateliers d’abattage, de découpe et de transformation.