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Projet lauréat

Tilly-Sabco refroidit ses volailles à l’eau brassée

Maria Guillon |  10 Mars 2010 | 

Le Lez Process a adapté le principe de son refroidisseur Polywash (légumes, poisson) pour le traitement de la volaille. Avec l’économie d’eau comme fil conducteur. Le résultat est une série de trois bassins où circulent 8000 pièces/h. Crédit : Process alimentaire

Tout a commencé par une poignée de mains au CFIA 2008. Eric Le Boulc’h, responsable investissements de Tilly Sabco, s’intéresse au Polywash de Jean Le Lez, gérant de la société FAI, pour refroidir ses volailles. L’industriel comme l’équipementier sont basés dans le Finistère mais ne se connaissent pas. Deux ans plus tard, la motivation et les forces vives des deux partenaires ont porté leur fruit : le nouveau refroidisseur traite 8000 poulets à l’heure. Il a été développé par Le Lez Process, émanation de FAI pour les lignes complètes.

Première mondiale

« C ‘est une première mondiale, souligne Daniel Sauvaget, p-dg de Tilly Sabco. C’est le process le plus rapide aujourd’hui pour refroidir les volailles. On passe de 40°C à 4°C en 30 minutes au lieu de 50. » Les gains sont de trois ordres :
- environnemental : la consommation de 700- 800 m3 d’eau par jour imposée par l’ancien procédé est divisée par dix !
- économique : cet argument environnemental rentabilise, à lui seul, l’équipement très rapidement, d’autant que les économies d’énergie sont évaluées à 30 %.
- qualitatif : l’accélération du refroidissement est un gage d’amélioration notable sur les plans bactériologique et organoleptique.

Un fil conducteur : l’économie d’eau

« Le fil conducteur du projet a été de trouver comment réduire la consommation d’eau », souligne Laurent Le Lez, gérant de le Lez Process. Solution trouvée : appliquer le froid directement là où l’on en a besoin, c’est-à-dire, juste sous les bassins au sein d’un réservoir d’eau équipé d’un échangeur intégré de type « herse ». Cette eau est injectée dans le refroidisseur par une pompe, et circule à contre-courant des volailles.
La progression des poulets dans le système de refroidissement n’est plus réalisé par une vis sans fin mais grâce à une combinaison de flux hydraulique et aéraulique. De l’air pulsé à moyenne pression fourni par des turbines par le bas des bassins contribue également à l’homogénéité et l’accélération du refroidissement. Le froid n’est plus produit via de l’eau glacée « à usage unique », mais via une quantité d’eau limitée, refroidie par échange de chaleur avec un réseau d’eau glycolée fonctionnant à l’ammoniac.
Concrètement, le refroidisseur se compose de trois bassins reliés entre eux par des tapis. Ceux-ci remplissent deux fonctions : le transfert des produits et la filtration des sous-produits, éjectés dans un second temps par l’air pulsé. « Ce système, inexistant sur l’ancien procédé, permet de collecter ces déchets et de les valoriser en farine animale », souligne Eric Le Boulc’h.
Les bassins sont divisés en deux compartiments afin de pouvoir s’adapter à des poulets de différents calibres. Les deux lignes permettront de traiter en tout 16 000 pièces/h.

Pérennisation de la filière

Ce projet, labellisé par le pôle Valorial, a nécessité la collaboration de trois autres partenaires régionaux : le Pôle Cristal, qui a suivi et validé les mesures de consommation énergétiques, ainsi que l’Afssa et Adria Développement. Ces derniers ont initié des démarches administratives pour faire évoluer la réglementation. Elle imposait jusque-là l’utilisation d’une certaine quantité d’eau par poulet pour garantir leur refroidissement.
« Cet investissement de 1,5 M€ s’insère dans une stratégie de pérennisation de la filière de production française de poulets, souligne Daniel Sauvaget. Il fait partie d’une stratégie de diversification de l’activité historique, dépendante de l’octroi des subventions européennes. L’objectif étant de décrocher de nouveaux marchés et de sécuriser la rentabilité de l’entreprise ». Le Lez Process lui accorde une exclusivité pendant un an.

Les projets nominés