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Ajinomoto vise 50 % d'énergies renouvelables d'ici 2030

Stéphanie Perraut |  25 Juin 2018 | 

Au Vietnam, Ajinomoto utilise des chaudières à biomasse pour transformer les balels de riz en énergie. Les émissions de CO2 du site sont réduites de 50 %.

En septembre 2015, lors du sommet des Nations Unies pour le climat, les leaders mondiaux ont adopté 17 objectifs de développement durable. Présent dans plus de trente pays à travers le globe, le groupe agroalimentaire japonais Ajinomoto a pris cette problématique à bras le corps. "Nous estimons être bien placés pour avoir une influence positive et concrète sur le monde. Les énergies renouvelables constituent l'un des domaines sur lesquels nous nous focalisons de manière spécifique", souligne-t-il dans un communiqué diffusé fin mai 2018. Plus particulièrement, le groupe met l'accent sur la valorisation de la biomasse, dans une démarche d'économie circulaire."Nous nous focalisons sur la réduction des déchets, le recyclage, le partage et la préservation de l'environnement", illustre-t-il. Des chaudières à biomasse sont en fonctionnement dans dix usines Ajinomoto. L'objectif du groupe est d'atteindre un ratio de 50 % d'énergies renouvelables d'ici 2030.

En Thaïlande, les balles de riz servent de combustible

En avril 2016, la filiale thaïlandaise du groupe Ajinomoto a mis en place un système de cogénération de biomasse au sein de son usine d'Ayutthaya, pour produire de l'électricité et de la vapeur en utilisant des balles de riz comme combustible. La quantité de CO2 absorbée par les plantes pendant leur croissance est sensiblement la même que celle qu'elles émettent en brûlant. L'opération présente ainsi un bilan carbone neutre. En privilégiant les biocombustibles aux sources fossiles, l'usine a réduit ses émissions annuelles de CO2 d'environ 59 000 tonnes. Par la même occasion, elle a réduit sa facture d'électricité et amélioré sa capacité à maintenir son fonctionnement en cas de panne du réseau.

Au Brésil, la canne à sucre entre dans un processus durable

Ajinomoto Do Brasil utilise la canne à sucre comme matière première clé pour produire de l'assaisonnement umami. Mais pas uniquement. Des engrais sont créés, en tant que co-produits, lors de la production des acides aminés. Ils sont envoyés dans des fermes locales, pour favoriser la culture de tomates, de raisins, du café et, évidemment, de la canne à sucre. Dans une démarche similaire à celle menée en Thaïlande, le groupe a installé des chaudières biomasse dans trois de ses usines situées dans l'Etat de Sao Paulo. Entre avril 2016 et mars 2017, les émissions de CO2 ont été réduites de 41 % pour atteindre un chiffre proche de zéro. Ces installations couvrent plus de 80 % des besoins des sites, avec un coût inférieur à celui des combustibles fossiles et une émission quasi-nulle de gaz à effet de serre.
L'engagement environnemental d'Ajinomoto dans la région couvre également la consommation d'eau. Grâce à des actions de formation et de coopération interne, les sites ont diminué leur consommation d'eau de 42 %, soit l'équivalent de cinq piscines olympiques chaque jour.

En France, Ajinomoto valorise le bois

A Nesle, en Picardie, Ajinomoto regroupe un important site de production, un centre R&D, une plate-forme logistique ainsi qu'un pôle d'administration des ventes. Il y produit à partir du sucre, l’exhausteur de goût glutamate. Pour son énergie thermique, l’unité s’appuie sur la production de la centrale biomasse bois de 16 MW Kogeban (pour Cogénération Biomasse Ajinomoto de Nesle), gérée par Akuo Energy. Projet lauréat de l’appel d’offres CRE2 (de la Commission de Régulation de l'Energie) en 2008, Kogeban produit électricité et énergie thermique en cogénération. L’électricité produite est injectée sur le réseau EDF. L’énergie thermique permet à Ajinomoto Foods Europe d’économiser 3,5 millions de m3 de gaz naturel par an, soit plus de 120 000 tonnes de CO₂ pour sa production de vapeur.