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"Allice fait émerger des projets collaboratifs de performance énergétique"

Stéphanie Perraut |  28 Janvier 2019 | 

Jean-Roch Meunier assure la direction opérationnelle du CTCPA, membre fondateur de l'Alliance Industrielle pour la Compétitivité et l'Efficacité Energétique.

A tout juste huit mois, l’Alliance Industrielle pour la Compétitivité et l’Efficacité Energétique (Allice) avance pas à pas. Créée en juin 2018 autour du Cetiat (Centre Technique des Industries Aérauliques et Thermiques), du Cetim (Centre technique des industries mécaniques), du CTCPA, du cabinet Enea Consulting et du CEA Liten, la société (de statut SAS) ambitionne de casser les silos pour développer une approche transverse de la performance énergétique. Sa vision est à la fois technologique et économique. Questions à Jean-Roch Meunier, directeur général délégué du CTCPA.

Pourquoi le CTCPA a-t-il rejoint Allice ?

L’industrie agroalimentaire est le troisième secteur consommateur d’énergie. L’efficacité énergétique est un levier important de compétitivité et de marge pour les entreprises. En tant que centre technique, nous nous positionnons comme centre de ressources. Notre métier est aussi de monter des projets collaboratifs sur des sujets qui touchent nos adhérents. Nous travaillons avec le Cetiat de longue date, en particulier sur les audits des fours biscuitiers avec une double optique de maîtrise des énergies et de la qualité du produit. Lorsqu’il nous a demandé si nous souhaitions participer à l’aventure Allice, nous avons répondu oui sans hésiter.

Quel intérêt pour les industriels de l’agroalimentaire ?

L’idée est de partager les bonnes pratiques avec d’autres secteurs. Nous sommes ce relais vers l’agroalimentaire. Pour cela, nous avons une personne du CTCPA, en charge du développement durable, qui participe au comité directeur d’Allice. De plus, pour un industriel, il est intéressant d’avoir un guichet unique lorsque la problématique est complexe. Le gain s’estime en temps et en budget.

Sur quels sujets travaillez-vous au sein d’Allice ?

Allice a démarré opérationnellement son activité à l'automne 2018. Elle a tenu son premier club le 22 novembre dernier, rassemblant ses tous premiers membres et des adhérents potentiels. Au total, plus de 40 participants d'une trentaine d'entreprises ont participé afin de définir les premières études collectives. Deux sujets prioritaires ont été adoptés pour 2019, et tous les deux concernent l’industrie agroalimentaire :

  • L’étude des contraintes et techniques de récupération de chaleur sur buées dans deux à trois secteurs industriels ;
  • Le recensement et le benchmark de logiciels de suivi et d'optimisation de la performance énergétique (EMS) et l'impact des offres de big data sur la consommation énergétique dans l'industrie.

Les premiers résultats sont attendus pour le mois de mai prochain.

Quel est le programme pour la suite ?

Courant 2019, nous allons organiser plusieurs rendez-vous avec nos adhérents sur le sujet, pour favoriser l'émergence de projets.

En fin d’année, les adhérents voteront sur l’intérêt et l’efficacité des projets réalisés courant 2019. Si pour l’instant seuls deux sont initiés, nous tablons sur un rythme de croisière de six à sept projets par an.

La prochaine réunion du club se déroulera le 29 mars 2019 et sera associée à un atelier technique. L’enjeu sera de favoriser les échanges sur différentes thématiques comme l’intégration de l’usine dans son territoire. C’est une notion passionnante pour le secteur agroalimentaire qui est composé de nombreux petits acteurs, répartis sur tout le territoire – à l’inverse de la chimie qui regroupe de grands groupes dans la vallée du Rhône. Nous ne sommes qu’aux balbutiements d’une démarche énergétique de territoire et des logiques d’économie circulaire dans le domaine. La méthanisation prend par exemple de l’ampleur mais pourrait être envisagée dans une « smart grid » entre différents acteurs de la chaîne.

Allice ambitionne de rassembler d’ici deux ans une centaine d’adhérents autour de trois piliers :

  • Des actions collectives partagées entre tous les adhérents visant à faire émerger des projets collaboratifs ;
  • Des projets collaboratifs rassemblant quelques partenaires avec un fort contenu d'innovation ;
  • Des actions de valorisation de la filière de l'efficacité énergétique.

L'agenda 2019 est soutenu avec la programmation de trois ateliers et rencontres scientifiques, l'organisation d'un colloque, la production de quatre études collectives et d’une veille technologique continue. Un site internet valorisant les adhérents et les actions menées est en cours de construction.