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Environnement

Fermentalg et Suez améliorent la qualité de l'air avec des micro-algues

Stéphanie Perraut |  1 Avril 2019 | 

Le puits de carbone inauguré à Créteil est composé d'un cylindre contenant 400 litres d'une suspension de micro-algues. Cette première installation sur une unité de valorisation énergétique permettra de tester la capacité du dispositif à capter et à fixer les molécules de CO2 sur un process industriel.

Après Colombes (92) début 2017, Paris au printemps 2017 et Poissy (78) un an plus tard, c’est au tour de Créteil (94) d’accueillir un puits de carbone issu du partenariat initié en 2015 entre Suez et Fermentalg. Inauguré le 20 mars 2019, le dispositif est installé pour la première fois au sein d'une unité de valorisation énergétique, sur le site Valo’Marne (Syndicat Mixte Intercommunal de Traitement des Déchets Urbains du Val-de-Marne). Suez et Fermentalg ont signé fin 2018 un contrat de collaboration exclusif de huit ans couvrant la période de développement technologique et d’industrialisation ainsi qu’un contrat de commercialisation de trois ans. L’objectif est de préciser l’offre commerciale autour de l’épuration de l’air urbain et industriel par biofiltre algal. « Pour l’air urbain, l’enjeu est de capter des polluants atmosphériques comme les particules fines et les oxydes d’azote. En industrie, l’objectif sera davantage de réduire les émissions de CO2 dans les fumées », précise François Godart, responsable du service microbiologie chez Fermentalg et chef du projet puits de carbone

Une biomasse valorisable en énergie

Comment ça marche ? Des micro-algues unicellulaires sont mises en culture dans une colonne remplie d’eau. L’air à purifier est mis à buller dans ce milieu. Par photosynthèse, les algues captent le C02 présent dans l’atmosphère et l’utilisent pour se multiplier. La biomasse ainsi formée s’écoule dans le réseau d’assainissement jusqu’à une station d’épuration. Elle peut ensuite être transformée en biométhane qui, une fois purifié, est injectable dans le réseau de gaz ou utilisable comme source d’énergie, pour de la cogénération par exemple. Dans le cas du puits de carbone de Créteil, la biomasse est traitée au niveau de la station d’épuration du Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne reliée à l’usine.

Réduire les émissions industrielles de CO2

La technologie s’adresse en premier lieu aux industriels générant une grande quantité de CO2. « Le dimensionnement du puits est fonction de la cible d’abattement de CO2. A Créteil, la colonne de 400 l n’est pas adaptée à une utilisation industrielle. Une montée en échelle est prévue. Une étape pré-industrielle vise la construction d’unités de 10 à 50 m³ pour atteindre plusieurs centaine voire milliers de m³ de culture en phase industrielle », analyse François Godart. Le développement de la solution se poursuit. La configuration du contenant peut nécessiter des adaptations lors de la mise en œuvre de volumes de culture importants car les algues ont besoin de lumière pour réaliser la photosynthèse. La pré-industrialisation de la technologie est annoncée pour 2022-2023.