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Froid : comment augmenter sa capacité de production avec un caloporteur "vert"

S. Perraut |  9 Mai 2017 | 

Ces tanks pressurisés à double enveloppe permettent à Rivarose de réaliser des fermentations rapides, en alternative à la méthode traditionnelle de refermentation en bouteille.

Créée en 1909 et située à Salon de Provence, la société Rivarose est la principale maison de vins effervescents de Provence. Rachetée en 1998 par le groupe bourguignon Veuve Ambal, elle produit chaque année cinq millions de bouteilles. Le froid joue un rôle clé dans le processus de production. La méthode de fermentation en cuves pressurisées, plus rapide que le processus en bouteilles, nécessite notamment un contrôle rigoureux de la température. "Nous utilisons la température pour réguler la fermentation et faire baisser la pression du vin lors de l'embouteillage. Ainsi quand le vin arrive dans la bouteille, il ne mousse pas", détaille Nicolas Quiles, directeur technique et oenologue. "A température ambiante, la moindre impureté ferait réagir le vin et le faire mousser", poursuit-il. Après la fermentation, le vin effervescent est stabilisé à froid dans les mêmes tanks. Leur double-enveloppe doit être en mesure de contrôler la température autour de 20°C pour la fermentation puis de suivre son abaissement jusqu'à un niveau proche de zéro. Le groupe frigorifique existant assure le refroidissement du fluide caloporteur à -5°C.

Rivarose a fait appel à la société Smef Azur pour revoir son installation frigorifique. L'objectif était de conserver l'unité de production de froid tout en augmentant la capacité de production. Le frigoriste a conseillé d'opter pour le fluide caloporteur Greenway Neo de Climalife, qui met en œuvre la molécule bio-sourcée 1,3-propanediol Susterra de DuPont Tate and Lyle BioProducts. Ce composant est approuvé pour le contact alimentaire. Selon son producteur, il aurait été par ailleurs autorisé comme ingrédient dans certains pays. "La faible viscosité de ce caloporteur améliore la circulation au niveau des échangeurs. Le changement du groupe ne s'avère pas nécessaire", explique Jean-Pierre Leplatre, directeur technique Smef Azur. Le passage du MPG (monopropylène glycol) au propanediol permet de diminuer de 20 à 30 % les pertes de charges et de réduire d'environ 20% la consommation énergétique des équipements tels que les pompes. L'unité de production a ainsi pu accueillir cinq cuves de fermentation supplémentaires, soit 20 % d'augmentation de capacité, avec le même circuit de refroidissement.