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Niryo One, un petit robot triplement accessible

S. Perraut |  6 Juin 2017 | 

Marc-Henri Frouin (à gauche) et Edouard Renard ont bénéficié du programme d’accompagnement de l’ISEN Lille (Ecole supérieure de l’électronique et du numérique), qui offre la possibilité d’être hébergé pendant deux ans après son diplôme afin de développer un projet entreprenarial.

Leur objectif : démocratiser la robotique industrielle. Marc-Henri Frouin et Edouard Renard, deux diplômés de l’ISEN Lille (Ecole supérieure de l’électronique et du numérique), viennent de finaliser la création d’un petit robot baptisé Niryo One, dans le cadre du programme d’accompagnement proposé par leur école.

« Niryo One va pouvoir être utilisé par les particuliers de manière ludique, par les écoles dans le cadre de formation ou encore par les entreprises », expliquent les jeunes ingénieurs. La solution est composée de deux cartes électroniques développées en open source et d’un micro-ordinateur. Son bras six axes lui permet de soulever une charge allant jusqu’à 500 g avec une portée de 440 mm. Il communique avec son environnement en wi-fi ou directement avec un câble Ethernet. Il est également possible de lancer des programmes de façon automatique sur le robot, auquel cas seule l’alimentation est requise. Ce nouveau robot se distingue tout particulièrement par son extrême accessibilité.

Un coût abordable

Le premier point fort de la solution : son prix. « Un robot collaboratif industriel coûte au moins 15 à 20 000 €. Niryo One possède la même structure et le même logiciel que ces robots - Robot Operating System, qui tourne par exemple sur les robots de Universal Robot. Mais il ne coûte que 1000 €. Ce qui en fait un système très intéressant pour des tests et l’apprentissage de la programmation sur d’autres robots plus grands », poursuivent ses concepteurs.

Une mise en fonctionnement à la carte

« Nous n’avons pas passé de norme IP pour le robot. Il s’agit d’un système qui rentre dans la catégorie du “Do It Yourself”, et qui n’a pas de certification particulière pour l’industrie », concèdent Marc-Henri Frouin et Edouard Renard. Dans cet esprit de faire (et comprendre) par soi-même, trois modes d’achat sont proposés. Le Niryo One peut être livré : déjà assemblé, en kit à monter soi-même ou en kit à imprimer sur une imprimante 3D.

Une programmation à trois niveaux de difficulté

Finalement, le robot Niryo One se distingue aussi par son accessibilité sur le plan technique. Il est en effet programmable selon trois paliers de difficulté :

  • en le manipulant à la main et en enregistrant des séquences qu’il pourra ensuite répéter,
  • en le programmant via un mode d’apprentissage accessible sur tablette ou mobile via une application. L’utilisateur peut lancer, enregistrer et rejouer des séquences de commandes, sans avoir de connaissance en informatique. L’application sera aussi connectée à un service cloud qui permettra de superviser, synchroniser et contrôler plusieurs robots à distance,
  • en le codant de A à Z grâce au code open source présent sur les cartes électroniques. Des interfaces de programmation sont disponibles et il est alors possible d’interagir directement avec le système de contrôle interne du robot.

Les premiers robots seront disponibles en fin d’année. Environ 120 robots sont déjà commandés. L’équipe espère vendre 200 robots d’ici Noël. Et pour 2018, l’objectif est fixé à 600 robots. « La fabrication est prévue dans nos locaux, en France, grâce à l’impression 3D qui nous permet de mettre en place une production locale et adaptable », affirment les deux créateurs.

Process Alimentaire a consacré un dossier complet au thème "Quelle place pour les cobots dans l'industrie agro-alimentaire ?" en mai 2017 : forces, faiblesses, applications existantes, projets de recherche, etc.