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Abattoirs : les raisons de la réforme de l’inspection

Anne-Katell Mousset  |  15 Mai 2012 | 

12 abattoirs de volailles et lagomorphes sont concernés par ce projet pilote visant à ne plus assurer une présence constante des services vétérinaires lors de l’abattage.

Actuellement un projet pilote a lieu en France pour expérimenter une réforme de l’inspection vétérinaire en abattoir. Ce programme propose que l’inspection sanitaire des lots ne présentant pas de risque sanitaire particulier soit réalisée par le personnel de l’abattoir spécifiquement formé à cette tâche. Les lots à risque feraient eux l’objet d’un contrôle par les services de contrôle officiel. Pour le Ministère, il s’agit d’adapter la présence des services vétérinaires au niveau de risque.

En clair, les services vétérinaires passeraient d'une présence permanente à une présence épisodique selon le niveau de risque des lots traités. En effet, dans le cas d’animaux comme la volaille ou le lapin, les lots produits sont considérés comme homogènes (même conditions de vie, même alimentation). Dans ce projet les services officiels de contrôles ont un nouveau rôle, celui de régulièrement vérifier la compétence des personnels d’abattoirs (en contrôle ante ou post mortem) et de réaliser des contrôles “standards” sur les lots considérés à risque. En plus de ces missions d’inspections, les missions d’audits deviendront une priorité des services vétérinaires. Les politiques de restriction budgétaire, et notamment la RGPP (révision générale des politiques publiques, non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite) ont et vont considérablement baissé le nombre de fonctionnaires attachés à l’inspection dans les abattoirs. Face cela, il faut donc adapter l’inspection.

L’inspection traditionnelle inefficace pour les risques microbiologiques

De plus, l’inspection traditionnelle se contente d’une évaluation macroscopique, l’évolution des connaissances scientifiques montrent que les dangers pertinents à prévenir sont souvent microscopiques : E. coli O157 : H7, Salmonella… ou encore résidus d’antibiotiques. Il ne s’agit plus de se focaliser sur l’abattoir mais d’assurer une efficience des contrôles officiels aux différents stades : élevage, transports et abattage et également de baser ces contrôles (nature et fréquence) sur une analyse des risques.

De leurs côtés, les organisations de vétérinaires déplorent la baisse des effectifs. Dans un communiqué du 21 février 2012, publié suite au reportage « La viande dans tous ses états » d’Envoyé Spécial, le SNISPV (Syndicat national des inspecteurs en santé publique vétérinaire) pointe « la réduction massive des effectifs depuis 2004 ». En effet, « les chiffres du ministère en charge de l’agriculture montrent une diminution des effectifs de 1650 ETP (équivalent temps plein) en 2004 à 1400 ETP en 2011 ». Et cela dans un contexte de suspicion, puisque des institutions comme la Cour des Comptes (en juin 2010) ou encore la Commission européenne ont souligné à plusieurs reprises des dysfonctionnements dans les abattoirs.