Process Alimentaire / Qualité / Bien-être animal : l'agroalimentaire français de plus en plus engagé

Qualité

Bien-être animal : l'agroalimentaire français de plus en plus engagé

Marjolaine Cérou |  5 Mars 2018 | 

Casino affiche l'une des plus belles progressions. Parmi ses engagements, le groupe a annoncé l'arrêt de la commercialisation des oeufs de poules élevées en cage à horizon 2020 pour les enseignes les enseignes Casino, Franprix et Leader Price. Crédit : Fotolia.

Le sujet du bien-être animal est aujourd’hui bien installé dans le débat public. Depuis six ans, le classement Business Benchmark on Farm Animal Welfare (BBFAW) distingue les grands groupes de l’agroalimentaire sur la base de leur prise en compte du bien-être des animaux d’élevage et de leur transparence sur le sujet. Sur les 110 entreprises des 18 pays évaluées, douze sociétés françaises ont été classées cette année. En tête de file, le Groupe Danone se maintient parmi les entreprises les mieux classées dans l’Hexagone (niveau 3).

Le BBFAW met également en avant les progressions de Casino, qui gagne deux niveaux dans le classement. Le distributeur s’est fait remarqué en publiant une politique d’entreprise détaillée sur le bien-être animal. Le groupe a notamment initié en 2017 un projet d’étiquetage dans le but de mieux informer le consommateur sur ce sujet. Parmi ses engagements, on compte la fin de la commercialisation d’œufs de poules élevées en cage d’ici à 2020 dans les enseignes Casino, Franprix et Leader Price, ou encore le développement d’outils d’audits sur le bien-être animal des fournisseurs en élevage et en abattoir. Pour sa marque distributeur, Monoprix s’est également engagé à ne plus commercialiser de viande de lapins en cages.

Elior rejoint ainsi le trio de tête français aux côtés de Danone et Sodexo (niveau 3). Le spécialiste de la restauration collective a été salué pour sa décision de ne plus s’approvisionner en œufs et en ovoproduits issus d’élevages de poules en cage d’ici à 2025. Il a aussi mis en place une politique visant à améliorer le bien-être des poulets de chair entrant dans sa chaîne d’approvisionnement d’ici à 2024 aux États-Unis.

« Il est plus qu’encourageant de voir que chaque année depuis 6 ans, les leaders de l’industrie agroalimentaire s’engagent davantage pour les animaux d’élevage, mettant en place des politiques dédiées et n’hésitent plus à communiquer ce qu’ils font. Il reste beaucoup à faire mais ce classement montre que la prise en compte du bien-être animal progresse vite et fait aujourd’hui partie intégrante de la responsabilité sociétale des entreprises agroalimentaires », Amélie Legrand, responsable des affaires réglementaires pour CIWF France, qui organise chaque année les Trophées du bien-être animal. En 2017, huit industriels et distributeurs implantés en France, parmi lesquels Danone, Nestlé, Arysta, Système U, Casino et Schiever, ont été primées.

Une chose est sûre, le consommateur est sensible à toutes ces actions. Comme le soulignait le spécialiste des lancements Mintel fin 2017, les allégations environnementales et éthiques, incluant le bien-être animal, ont atteint 22 % des lancements contre 1 % en 2006-2007 (lire Décembre 2017 ,p12).