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De nouveaux allergènes émergents selon l’Anses

Marjolaine Cérou |  25 Février 2019 | 

Sarrasin, pois, lentilles, laits de chèvre et brebis… L’avis de l’Anses sur les allergies alimentaires pointe du doigt de nouveaux allergènes émergents, dont les réactions sont parfois plus sévères que ceux à déclaration obligatoire. 59 cas d'anaphylaxie alimentaire liés à la consommation de sarrasin ont été signalés entre 2002 et 2017. Crédit : Adobe Stock.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié mi-février une mise à jour de son rapport sur les allergies alimentaires. Les experts font ressortir de nouveaux allergènes émergents. C’est le cas du sarrasin, le lait des petits ruminants (chèvre et brebis), le kiwi, le pignon de pin, l’α-galactose (présent dans la viande de mammifère), les pois et les lentilles. D’après le Réseau d’Allergo Vigilance, qui recense les cas d'anaphylaxies sévères, ces allergènes présentent un risque de réactions allergiques graves, et parfois plus élevé que ceux cités dans l’ annexe II du règlement Inco (UE 1169/2011) . Ce qui conduit l’Anses à recommander la mise à jour régulière de la liste des allergènes alimentaires.

Le pois et les lentilles à l’origine de réactions allergiques

« Ces allergènes émergents sont associés à au moins 1 % des cas d’anaphylaxie sévères recensés. Ils sont à distinguer des allergènes exceptionnellement impliqués dans des formes graves d’allergie alimentaire, malgré une consommation courante », précise le rapport. Illustration avec le sarrasin qui est encore plus impliqué dans les réactions d’anaphylaxies que les allergènes à déclaration obligatoire comme le lupin, le sésame ou le soja.

Ces évolutions sont aussi une conséquence directe de l’évolution des habitudes de consommation. C’est l’exemple du pois, très utilisé en tant qu’ingrédient pour ses propriétés d’émulsifiant, de gélifiant, de solubilisant, et qui connaît depuis quelques années un franc succès du fait de l’engouement pour les protéines végétales. Quelques cas d’anaphylaxie au pois ont été répertoriées entre 2014 et 2016. « Le pois comporte un risque d’allergie croisée avec les autres légumineuses », ajoute l’Anses. De la même façon, des cas ont également été signalés pour les lentilles, en sachant que ces deux légumineuses présentent un fort risque d’allergie croisée avec l’arachide.

Les laits de chèvre et de brebis sont également concernés (60 cas rapportés entre 2002 et 2017), en sachant que dans deux tiers des cas les personnes tolèrent le lait de vache. L’Anses recommande ainsi de préciser l’origine du lait dans la déclaration obligatoire des allergènes, ce qui n’est pas demandé jusqu’à présent. Un autre allergène émergent recensé est l’α-galactose, dont la réaction apparaît entre deux et six heures après la consommation de viande de mammifère (bœuf, porc, agneau, lapin, veau, cheval, certains gibiers, etc.). En sachant que des facteurs aggravants peuvent contribuer chez l’adulte à l’apparition de ces réactions comme l’alcool et le tabac.

Améliorer les dispositifs de recueil de données

L'Anses recommande ainsi de mettre à jour plus régulièrement l'étiquetage des allergènes et préconise la réalisation d’une évaluation de l’efficacité de la réglementation. Peut-on dire pour autant que les allergies alimentaires sont en augmentation ? L’Agence souligne toutefois que les données disponibles sont actuellement insuffisantes pour conclure sur l’évolution de la prévalence des allergies alimentaires en France depuis le début des années 2000. Elle recommande aux pouvoirs publics d’améliorer les dispositifs de recueil de données relatives aux allergènes alimentaires, ainsi que l’évaluation de l’incidence ou de la prévalence des allergies.