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Des zoonoses en baisse selon l’Efsa

Marjolaine Cérou |  7 Janvier 2019 | 

Le rapport de l’Efsa et de l’ECDC fait l’état des lieux des cas de zoonoses survenus dans l’Union européenne en 2017. La salmonellose tend à se stabiliser tandis que les cas de listeriose et de campylobacteriose ont légèrement diminué. Salmonella est d’après le rapport la source la plus fréquente des foyers épidémiques d'origine alimentaire, en particulier dans les produits à base de viande mais surtout dans les œufs. Crédit : Adobe Stock.

Comme chaque année, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) ont publié leur rapport sur l’évolution des zoonoses en Europe. Les observations réalisées au cours de l’année 2017 montrent une stabilisation des maladies d’origine alimentaire. Cela se vérifie pour la salmonellose dont le nombre de cas a légèrement diminué en 2017 (94 425 versus 91 662). Une stabilisation qui intervient après une baisse significative amorcée depuis près de dix ans, suite à la mise en place de mesures de surveillance.

«Après plusieurs années de progrès significatifs dans la réduction des maladies d’origine alimentaire dans l’Union européenne, en particulier de la salmonellose, la situation n'évolue plus. Il faudra redoubler d’efforts pour continuer à faire baisser ces chiffres », déclare Marta Hugas, scientifique au sein de l'Efsa.

Salmonella est d’après le rapport la source la plus fréquente des foyers épidémiques d'origine alimentaire, en particulier dans les produits à base de viande mais surtout dans les œufs. Même si les 5 079 foyers épidémiques d'origine alimentaire ou hydrique signalés en 2017 représentent une diminution de 6,8 % par rapport à 2016. Le rapport pointe du doigt le sérotype S. Enteritidis comme le plus souvent signalé chez l'Homme. Il serait à l’origine d’un foyer épidémique sur sept.


Légère diminution de la listériose et de la campylobactériose

Le nombre de cas de listériose a légèrement diminué en 2017 (2 480 infections contre 2 509 en 2016). Cependant, la tendance était à la hausse les cinq années précédentes. Les personnes âgées ont constitué le groupe le plus touché par la maladie en 2017, en particulier les seniors de plus de 84 ans (avec un taux de mortalité s’élevant à 24). Les contaminations les plus élevées de Listeria monocytogenes ont été détectés dans le poisson et les produits de la pêche (6 %), suivis des salades prêtes à manger (4,2 %).

La campylobactériose reste de son côté la zoonose la plus communément signalée dans l'Union européenne. Le nombre de cas a légèrement baissé en 2017 par rapport à 2016 (246 158 contre 246 917). La bactérie est principalement retrouvée dans les viandes de poulet (37,4 %) et de dinde (31,5 %). En sachant qu’une contamination est dans 20 à 30 % des cas liée à la manipulation et à la préparation des viandes. Pour rappel, depuis le 1er janvier 2018, des critères d’hygiène des procédés ont été fixés pour le pathogène dans le cadre du règlement UE n°2017/1495. L’objectif est diminuer la prévalence et de réduire de moitié le risque pour la santé publique. Il s’agit d’un critère modulable ( lire Octobre 2017, p.98 ).


Concernant les bactéries productrices E. coli de shigatoxines, le rapport indique que le nombre de cas recensés en 2017 dans l’Union européenne reste stable.


Le document est à retrouver dans son intégralité sur le site de l’Efsa . Il est basé sur les données de 2017 recueillies auprès des 28 États membres de l'Union européenne. Neuf autres pays européens ont également contribué à cette collecte de données. Les données sont toutefois à prendre avec précaution. En France, les maladies d’origine alimentaire sont suivies par Santé Publique France (ex-INVS). Les données des toxi-infections d’origine alimentaire sont en revanche plus compliquées à obtenir dont le nombre est le plus souvent sous-estimé.